Dakar, 24 mars(SL-INFO) – L’atmosphère promet d’être électrique, ce mardi, au sein de la Commission des finances de l’Assemblée nationale. Alors que les députés doivent examiner en commission une résolution de soutien à la stratégie de non-restructuration de la dette introduite par le gouvernement, une onde de choc venue de Londres vient bousculer l’ordre du jour.
Selon une enquête publiée ce 23 mars par le quotidien britannique « Financial Times », le Sénégal aurait contracté « secrètement » des emprunts s’élevant à 650 millions d’euros auprès d’institutions internationales.
Ces fonds ont été mobilisés, à en croire le « Times » par le mécanisme des Total Return Swaps avec l’Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank, et auraient servi à éviter un défaut de paiement imminent. Ceci, sans que le Parlement et les autres partenaires (FMI et autres) en soient dûment informés.
Réagissant à ce sujet brûlant qui soulève des questions fondamentales sur la gouvernance financière et la transparence, le député non-inscrit Thierno Alassane Sall dénonce des pratiques opaques qui rappellent à s’y méprendre celles que le régime actuel a lui-même qualifiées récemment de « dette cachée » sous le magistère de Macky Sall.
Dans une publication sur le réseau social X, le président de la formation politique République des valeurs écrit : « Cette information tombe à la veille d’une rencontre entre la Commission des finances de l’Assemblée nationale et le ministre des Finances et du Budget. L’ordre du jour de cette commission en dit long sur les graves inquiétudes sur l’état des finances publiques du Sénégal. Il s’agit en effet de voter une résolution de soutien au gouvernement pour ne pas restructurer la dette. Quitte à faire recours à des tambouilles inavouables ? »
Exigeant une reddition des comptes immédiate, l’opposant invite ses collègues députés à ne pas donner un blanc-seing au gouvernement qui doit s’expliquer sur cette affaire.
« Il est du devoir des députés d’obtenir du ministre des Finances des informations sur ces opérations entreprises dans la plus grande opacité, au lieu de signer un chèque en blanc au gouvernement », lance-t-il.
Pour TAS, « sauf à trahir ses obligations envers le peuple, l’Assemblée nationale doit s’assurer, en toute indépendance, que les remèdes déployés par le gouvernement pour traiter la dette n’auront pas des conséquences fâcheuses à court ou moyen terme ».
Dans une mise au point envoyée à la presse, le ministère précise que les ressources évoquées dans l’article sont mobilisées sur le marché régional à travers des adjudications publiques de titres d’État. Ces opérations, souligne-t-il, sont conformes aux règles de transparence en vigueur et font l’objet de publications régulières.
