Dakar, 31 mars(SL-INFO) – Le conflit au Moyen-Orient engendre actuellement des secousses logistiques majeures à l’échelle internationale. Mardi, le Programme alimentaire mondial (PAM) a fait état d’une paralysie de ses chaînes d’approvisionnement dans la région, affectant directement 70 000 tonnes de stocks alimentaires. Une situation qui dépasse les frontières du golfe Persique pour menacer les circuits de distribution mondiaux.
Lors d’un point de presse à Genève, relayé par l’agence Anadolu, Corinne Fleischer, directrice des opérations logistiques du PAM, a dressé un bilan chiffré de la situation. L’organisation onusienne fait face à la perturbation la plus significative de ses circuits depuis la pandémie de Covid-19 et le déclenchement de la guerre en Ukraine. Les difficultés se concentrent particulièrement en raison des tensions liées au détroit d’Ormuz. Actuellement, des navires se retrouvent immobilisés, incapables d’accoster ou de quitter les terminaux portuaires, empêchant le déchargement de milliers de conteneurs.
Face à cette impasse maritime, les transporteurs sont contraints de dévier leurs itinéraires pour contourner le continent africain. Notre rédaction note que ce réacheminement rallonge les délais de livraison de 25 à 30 jours, entraînant une hausse des coûts de fret estimée entre 15 et 25 %. Pour limiter l’impact financier, le PAM a engagé des démarches afin d’obtenir un accès prioritaire à ses cargaisons. Des dérogations négociées sur certains frais supplémentaires ont ainsi permis d’éviter environ 1,5 million de dollars de dépenses imprévues.
Ces mesures d’atténuation ne suffisent toutefois pas à compenser l’ampleur de la crise pour les populations dépendantes de l’aide humanitaire. La conséquence directe de ces blocages logistiques, couplée à des coûts opérationnels plus élevés et un financement insuffisant, a poussé l’agence à actualiser ses données. Les nouvelles projections du PAM indiquent que d’ici le mois de juin, 45 millions de personnes supplémentaires basculeront dans une situation de faim aiguë. Au-delà des zones directement ciblées par l’aide, Corinne Fleischer a souligné que l’accumulation de ces surcoûts et les retards de livraison se traduiront par une hausse généralisée des prix alimentaires à travers le monde.
