Kaffrine, 18 Mars (SL-INFO) – En ce mois béni de ramadan, la solidarité prend tout son sens dans les rues de Kaffrine. Au moment de la rupture du jeûne, alors que le soleil décline, un geste de bienveillance se répète chaque jour : offrir le ndogou aux jeunes, notamment ceux qui voyagent ou se retrouvent coincés dans la rue. Dahiras, associations, particuliers… tous participent à cet élan de générosité devenu une tradition appréciée par les bénéficiaires.
Alors que l’appel à la prière retentit, des groupes de bénévoles s’activent au bord des routes. Ils distribuent des gobelets de café Touba, accompagné de pain, de beignets ou de dattes. Le café Touba, avec son parfum envoûtant, est particulièrement apprécié.
Mamadou, un jeune voyageur rencontré sur l’axe Kaffrine – Tambacounda, témoigne : «?Je rentrais à Kaolack en transport en commun quand le véhicule est tombé en panne. Je pensais devoir patienter sans rien pour rompre le jeûne, mais des jeunes sont venus nous offrir le ndiogou. Cela m’a vraiment touché.»
L’initiative vient souvent des dahiras, ces associations religieuses qui, au-delà de leurs activités spirituelles, s’investissent dans l’entraide communautaire. Modou fall, membre d’un dahira de Kaffrine, explique : «?Pour nous, offrir le ndiogou est un acte de bénédiction. C’est une manière de montrer notre solidarité envers ceux qui n’ont pas la possibilité de rompre le jeûne dans de bonnes conditions.»
Les particuliers participent également. Aliou, un commerçant du marché central, raconte :«?Chaque année, j’essaie de préparer du café Touba pour ceux qui passent devant ma boutique au moment de la rupture. C’est ma manière de contribuer.»
Ces initiatives, bien que modestes, ont un impact énorme sur les bénéficiaires. Pour les voyageurs, les étudiants, les marchands ambulants, ou même les chauffeurs de taxi qui se retrouvent souvent en route au moment de la rupture, ce geste de bienveillance est perçu comme une véritable bénédiction.
Pour beaucoup, ces actions devraient s’étendre au-delà du ramadan. Babacar, un bénévole actif, souligne : «?Ce que nous faisons pendant le ramadan devrait inspirer des actions tout au long de l’année. La solidarité ne devrait pas avoir de saison?.»
En offrant le ndogou, ces dahiras, associations et particuliers prouvent qu’un petit geste peut avoir un grand impact. Le ramadan est un mois de partage et ces actes de générosité montrent à quel point la solidarité peut être une force puissante au sein de la communauté.
