Dakar, 18 déc (SL-INFO) – Le système éducatif sénégalais se trouve à la croisée des chemins, confronté à des défis structurels majeurs qui impactent tant la gestion des bourses estudiantines que l’accès équitable à l’enseignement supérieur. En marge d’un panel organisé ce mercredi 17 décembre à la Foire internationale de Dakar, plusieurs voix autorisées du monde universitaire et économique se sont élevées pour proposer des pistes de réformes concrètes. Leurs recommandations s’articulent autour de trois axes fondamentaux que sont la régulation de la formation professionnelle, la promotion de l’excellence et l’autonomie financière des institutions.

L’une des propositions les plus marquantes émane d’Alla Guèye Sène, Directeur des Opérations de la plateforme de Diamniadio, qui appelle à une inversion profonde des flux d’orientation. Selon lui, la régulation du système doit impérativement passer par une montée en puissance de la formation par alternance. Il préconise ainsi un modèle où 70 % des étudiants seraient orientés vers des formations techniques et professionnelles, réservant l’université classique à seulement 30 % des effectifs. Cette stratégie vise à mieux aligner les compétences des diplômés avec les besoins réels du marché de l’emploi et à désengorger les facultés traditionnelles.

Parallèlement à cette réorganisation des flux, la question de la motivation des talents a été au cœur des échanges. Alla Guèye Sène plaide pour une gratuité totale des études en faveur des étudiants les plus brillants. Il estime que les meilleurs éléments ne devraient pas avoir à supporter le moindre coût financier, s’appuyant sur l’exemple des universités les plus prestigieuses au monde qui utilisent les bourses d’excellence comme un levier stratégique. Cette mesure permettrait non seulement d’encourager la culture du mérite, mais aussi de garantir que les talents les plus prometteurs contribuent efficacement au développement futur du pays sans entrave matérielle.

Enfin, la flexibilité du système universitaire a été abordée par le Professeur Abou Kane, qui pointe du doigt une dépendance excessive vis-à-vis de l’État. Pour l’universitaire, la rigidité actuelle du modèle freine l’innovation et l’adaptation aux mutations mondiales. Il juge impératif de doter les universités de moyens leur permettant de gagner en autonomie afin de rendre le système plus souple et plus efficace. Cette transition vers une plus grande flexibilité est présentée comme la condition sine qua non pour transformer l’enseignement supérieur en un véritable moteur de croissance, capable de répondre avec agilité aux crises récurrentes qui secouent le secteur.

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