Dakar, 09 jan (SL-INFO) Dans une contribution publiée ce 8 janvier 2026, René Lake livre une analyse détaillée sur la méthodologie des réformes institutionnelles au Sénégal, en réaction à l’annonce présidentielle relative à une réforme parlementaire de la Constitution. L’auteur insiste sur la nécessité impérieuse d’inscrire ces changements dans une vision globale et cohérente, plutôt que de procéder par interventions sectorielles isolées.

Pour René Lake, le débat ne doit pas se limiter à l’opportunité ou à la cible des réformes, mais doit porter sur la « logique d’ensemble » et les référentiels démocratiques qui les sous-tendent. Il soutient que toute volonté de rupture nécessite, dès le départ, une « théorie du changement explicite ». Selon lui, définir ce cap n’est pas un simple exercice de communication, mais une condition stratégique pour aligner les institutions et mobiliser les acteurs. L’analyste prévient que sans cette vision structurante, « les réformes risquent de s’accumuler sans cohérence, de se juxtaposer sans se renforcer mutuellement ». Il prend l’exemple spécifique de la justice, affirmant qu’une réforme technique ne suffit pas et qu’il faut une transformation profonde des rapports entre les pouvoirs. L’auteur rappelle avec insistance l’importance des travaux des Assises nationales et de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI). Il décrit ces processus comme un socle de diagnostics partagés et une « architecture de référence pour toute ambition crédible de rupture institutionnelle ». René Lake souligne également la valeur du Pacte national de bonne gouvernance démocratique, signé par le Président Diomaye Faye lorsqu’il était candidat en 2024. Il considère ce Pacte comme un « contrat politique et moral » qui demeure en vigueur et engage ses signataires, constituant un fondement de l’ambition réformatrice actuelle.

Dans cette perspective, René Lake estime que les Assises de la justice et le dialogue politique de 2025, bien qu’ayant suscité des échanges, ne sauraient se substituer aux cadres précédents en raison de leur périmètre limité. Il met en garde contre le risque de « brouiller les repères collectifs » en redéfinissant constamment les règles du jeu. Abordant la question de la légitimité, l’auteur précise que la légitimité électorale du pouvoir, qu’il ne conteste nullement, n’invalide pas la « légitimité sociale, civique et intellectuelle » portée par la société civile et les processus délibératifs antérieurs. Il conclut en plaidant pour des réformes qui, même ciblées, s’inscrivent dans la continuité de ces acquis pour renforcer la démocratie participative.

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