Thiès, 13 jan( SL-INFO)- Âgé de 25 ans, S.M. Sène a comparu devant la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès pour viol, pédophilie et détournement de mineure. Il est accusé d’avoir imposé des rapports sexuels non consentis à F. Guèye, une mineure de 16 ans. Les faits remontent à la nuit du Gamou de 2021, à Thiénaba.

La victime a déclaré que, pour l’occasion, elle avait quitté Ngaparou pour s’installer au domicile de S.M. Sène. Selon ses propos, à la tombée de la nuit, l’accusé l’aurait conduite de force vers la voie ferrée pour l’agresser.

« Il m’a proposé d’aller ensemble à la cérémonie officielle du Gamou. Il m’a ensuite entraînée vers le chemin de fer, dans un lieu isolé. Il m’a allongée sur des cartons avant de me déshabiller. Quand j’ai commencé à crier, il m’a bâillonnée, puis il m’a pénétrée. Après son acte, il m’a demandé d’accuser un inconnu. Mais je suis retournée voir sa mère pour tout lui raconter », a confié F. Guèye. Sa mère réclame 500 000 FCFA à titre de réparation.

Le prévenu S.M. Sène a nié les accusations. « C’est vrai qu’elle était chez moi, mais nous n’avons jamais été seuls cette nuit-là. Je ne l’ai jamais emmenée au chemin de fer. La seule fois où nous sommes sortis ensemble, c’était pour aller à la boutique du coin. Je n’ai jamais eu de rapport sexuel avec elle », a contesté le mis en cause, tout en précisant qu’il entretenait de bonnes relations avec la victime et souhaitait l’épouser.

M. Diop, la mère du prévenu, a témoigné en faveur de son fils, affirmant que la victime ne lui avait jamais parlé de viol de la part de S.M. Sène. « Elle m’a raconté qu’ils discutaient au chemin de fer quand un individu les a surpris et les a menacés d’appeler la police. Elle a prétendu que mon fils s’était enfui et que c’est cet individu qui l’avait violée sous la menace d’un couteau. Mais je n’ai constaté aucune trace d’agression sur elle », a-t-elle relaté.

Pour le procureur de la République, le prévenu et sa mère ont tenté de maquiller les faits. Il a relevé qu’après l’incident, la victime se trouvait uniquement entourée des proches de l’accusé. Le parquet a souligné que la jupe tachée de sang constitue un élément de preuve accablant. Estimant la culpabilité établie, il a requis 10 ans de réclusion criminelle.

La défense, assurée par Me Ayi, a contesté cette lecture en signalant que le certificat médical versé au dossier fait état d’une « déchirure hyménéale ancienne ». L’avocat a insisté sur le fait que la victime avait initialement accusé un inconnu, ce qui, selon lui, installe un doute sérieux. Me Ayi a plaidé l’absence d’élément matériel et a sollicité l’acquittement pur et simple.

L’affaire est mise en délibéré pour le 10 février 2026.

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