Dakar, 21 janv( SL-INFO)- La transition climatique s’avère brutale pour une partie de l’Afrique du Nord. Après des années marquées par une sécheresse persistante qui a mis à mal les réserves hydriques, c’est désormais un excédent d’eau incontrôlable qui dicte sa loi. Depuis mardi, des précipitations d’une rare intensité s’abattent sur la région, transformant les rues en torrents et provoquant des perturbations majeures qui vont bien au-delà des simples dégâts matériels.
Selon les données rapportées par l’agence Anadolu, ce déchaînement météorologique a déjà causé la mort d’au moins cinq personnes en Tunisie et en Algérie. Les autorités locales, sur le pied de guerre, multiplient les interventions et les appels à la vigilance face à une situation qui paralyse une grande partie des infrastructures. En Tunisie, le bilan est particulièrement lourd dans la ville de Moknine, située au sud de la capitale. Quatre personnes y ont perdu la vie suite aux inondations. L’ampleur des précipitations est historique : l’Institut national de la météorologie tunisien a relevé 230 mm de pluie à Monastir et plus de 200 mm à Zaghouan et Sidi Bou Saïd. Ces trombes d’eau ont eu raison du fonctionnement normal du pays, entraînant la fermeture des établissements scolaires dans 11 des 24 gouvernorats.
L’impact s’étend jusqu’aux institutions internationales. Plusieurs missions diplomatiques basées à Tunis, dont les ambassades d’Allemagne, des Pays-Bas, d’Égypte, du Canada, ainsi que le consulat de France, ont dû suspendre temporairement leurs activités face à la montée des eaux et aux difficultés de circulation dans la capitale. De l’autre côté de la frontière, l’Algérie n’est pas épargnée. Dans la wilaya de Relizane (ouest), les équipes de la protection civile ont repêché le corps d’un homme de 60 ans, victime d’une crue soudaine près de l’oued Al-Safa. Les inondations touchent plusieurs régions du centre et de l’ouest, notamment Chlef et Tiaret, nécessitant de nombreuses opérations de pompage et de sauvetage pour dégager des habitants piégés et des véhicules immobilisés.
Les prévisions n’incitent pas encore à l’optimisme. Les services météorologiques algériens annoncent la poursuite des intempéries avec des cumuls pouvant dépasser 120 mm, accompagnés de vents violents et de chutes de neige sur les reliefs. Si ces pluies permettent une remontée du niveau des barrages, les autorités soulignent qu’elles ne suffiront pas à effacer le déficit hydrique structurel accumulé ces dernières années.
