Dakar , 22 jan( SL-INFO) – Département stratégique pour l’économie maritime et touristique, Mbour figure également parmi les zones les plus touchées par les départs en émigration irrégulière. Pour inverser cette tendance et offrir des perspectives concrètes à la jeunesse locale, le ministère de la Formation professionnelle a activé un levier spécifique, axé sur la reconnaissance officielle des compétences acquises sur le tas.

C’est une réponse institutionnelle à une problématique sociale majeure. Souleymane Kane, directeur de l’Apprentissage, a procédé au lancement officiel d’un vaste programme de Valorisation des acquis de l’expérience (VAE) dans la capitale de la Petite-Côte. Selon les informations rapportées par Le Quotidien, cette initiative vise à extraire de l’informel des milliers de travailleurs qualifiés — maçons, électriciens, pêcheurs ou cuisiniers — qui exercent sans disposer de titre officiel. Face à la forte demande notée dès les prémices du projet, les autorités ont dû revoir leurs ambitions à la hausse. Initialement prévu pour 1000 jeunes, le programme a vu sa capacité doubler pour intégrer finalement 2000 bénéficiaires. L’objectif est de leur délivrer un diplôme d’État, qualifié par M. Kane de « véritable passeport de formation ». Ce document doit permettre aux titulaires d’exercer leur métier avec une reconnaissance officielle, tant au niveau national qu’international.

Le dispositif repose sur une coopération décentralisée impliquant la ville de Mbour, la ville de Cayenne en Guyane française, ainsi que les communes de Rufisque-Ouest et Kaolack. Cette dimension transcontinentale s’accompagne d’une approche pédagogique dite « duale » : les bénéficiaires passeront 80% de leur temps en entreprise pour la pratique et 20% en centre de formation pour la théorie. Ce modèle vise à garantir une employabilité immédiate tout en certifiant les compétences techniques. Au-delà de l’aspect technique, le projet porté en partenariat avec MewI Finances intègre une dimension sociale forte. Il cible notamment les couches vulnérables, y compris les enfants issus des daaras, pour leur fournir un socle éducatif et professionnel stable. Pour Jean-Philippe Dolor, directeur de Cabinet de la mairie de Cayenne, cet investissement dans le capital humain est d’autant plus pertinent que les métiers manuels restent indispensables face à la montée du numérique, l’intelligence artificielle ne pouvant se substituer aux services physiques essentiels.

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