Dakar, 30 Jan(SL-INFO) – Les forces de sécurité pakistanaises ont mené une vaste offensive dans la province du Baloutchistan, soldée par un lourd bilan humain du côté des groupes armés. Au-delà des chiffres, cette opération a été l’occasion pour l’état-major d’établir une connexion directe entre ces combattants et un voisin avec lequel les relations restent historiquement tendues.

La province du Baloutchistan, frontalière de l’Afghanistan, a de nouveau été le théâtre d’affrontements majeurs. Jeudi dernier, l’armée pakistanaise a engagé deux opérations distinctes visant à neutraliser des éléments insurgés dans cette région instable du sud-ouest du pays. Le bilan officiel, communiqué vendredi, fait état de 41 combattants tués lors de ces interventions qualifiées d’opérations de « nettoyage ».

Une accusation portée vers l’Est

Si l’ampleur du bilan humain marque les esprits, c’est la qualification de l’ennemi par les autorités militaires qui retient l’attention. Dans sa communication, l’armée a explicitement lié une partie des combattants abattus à l’Inde, rival régional historique du Pakistan. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les militaires ont affirmé, sans toutefois fournir de preuves matérielles immédiates, que ces insurgés bénéficiaient d’un soutien indien.

Lors du premier raid mené dans le district de Harnai, au moins 30 individus ont été tués. L’armée les a identifiés comme appartenant à la « Fitna-al-Khawarij », terminologie officielle utilisée pour désigner les Talibans pakistanais (TTP), alliés aux Talibans afghans. Une seconde opération, menée dans le district de Panjgur, a abouti à la mort de 11 autres personnes, qualifiées par la branche médiatique de l’armée (Inter-Services Public Relations) de « terroristes parrainés par l’Inde » et appartenant à la « Fitna-al-Hindustan ».

Contexte sécuritaire et réactions officielles

Les autorités ont indiqué avoir récupéré des munitions ainsi que de l’argent présumément pillé lors d’un braquage de banque survenu en décembre à Panjgur. Aucun soldat pakistanais n’a perdu la vie durant ces interventions. Cette recrudescence de la violence intervient alors que le Pakistan fait face depuis plusieurs mois à une activité accrue des groupes séparatistes baloutches, notamment l’Armée de libération du Baloutchistan, et du TTP.

Au sommet de l’État, la réponse militaire a été saluée. Le président Asif Ali Zardari a estimé que cette opération reflétait « la résolution inébranlable de l’État », tandis que le Premier ministre Shehbaz Sharif a déclaré que « la nation entière se tient aux côtés des forces armées dans cette lutte continue contre le terrorisme ». De son côté, l’Inde n’a pas émis de commentaire suite à ces allégations, qui font écho à des accusations similaires portées en janvier dernier après une opération dans le district de Kharan.

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *