Dakar, 04 fév (SL-INFO) – Ce qui devait s’apparenter à une transition politique fluide dans le Grand Manchester prend désormais des allures de test national. Le 26 février prochain, les électeurs de la circonscription de Gorton and Denton, au Royaume-Uni, sont appelés aux urnes pour remplacer le député démissionnaire Andrew Gwynne. Mais dans ce bastion historique du Parti Travailliste, la certitude de la victoire a laissé place à une bataille rangée, symptomatique des fractures qui traversent actuellement le paysage politique britannique.
L’enjeu dépasse le simple cadre local. Alors que le Labour domine traditionnellement cette zone, le scrutin attire cette année une attention particulière en raison d’une fragmentation inédite de l’offre politique. Pas moins de onze candidats se disputent le siège, allant des partis traditionnels aux formations plus marginales comme le « Official Monster Raving Loony Party ».
Selon les informations rapportées par notre source Al Jazeera, cette élection met en lumière les tensions internes et l’usure du pouvoir qui guettent la formation politique actuelle. La sélection de la candidate travailliste, Angeliki Stogia, a d’ailleurs fait l’objet d’une controverse notable. La direction du parti a bloqué la tentative du maire du Grand Manchester, Andy Burnham, de se présenter, préférant investir cette conseillère locale pour défendre le siège.
Sur le terrain, les avis des électeurs illustrent cette polarisation. Une partie de la base reste fidèle, comme en témoigne Khaled Osman, un sympathisant local interrogé par Al Jazeera : « Ils font du très bon travail et nous les soutenons. Nous apprécions tout ce qu’ils font : le soutien aux réfugiés, à l’asile et aux gens qui travaillent dur. »
Cependant, cette loyauté se heurte à un mécontentement croissant concernant la gestion des services publics. Colin Hensey, résident de la circonscription, exprime une frustration palpable liée à la dégradation de la vie quotidienne : « Plus tôt le Labour quittera le pouvoir, mieux ce sera. Où que vous alliez, vous essayez d’obtenir un rendez-vous chez le médecin. C’est pourquoi tout le monde va aux urgences. Nous n’avions pas ce problème il y a 20 ou 30 ans. »
Cette brèche dans la confiance des électeurs profite aux oppositions. Sur le flanc gauche, le Parti Vert tente de récupérer les déçus en arguant que le Labour s’est éloigné de ses valeurs fondamentales. À l’opposé, Reform UK, positionné à l’extrême droite, joue la carte de l’anti-système en ciblant l’immigration et la criminalité. Carl Morris, partisan de Reform UK, pointe du doigt l’état de la ville : « Je travaille à Denton depuis 28 ans maintenant, et l’endroit est plein d’ordures. Le Labour n’a rien fait pour cette ville. »
La correspondante d’Al Jazeera, Sonia Gallego, souligne que chaque voix comptera dans cette élection devenue serrée, précisant qu’il s’agit désormais d’une « lutte pour savoir qui canalisera les frustrations ressenties ici ».
