Dakar, 06 fév (SL-INFO) – Dans une dynamique d’expansion économique affichée, le Kenya accélère le pas sur la scène internationale pour sécuriser ses échanges commerciaux. Alors que l’administration américaine vient de prolonger la loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA), le président William Ruto a décidé d’envoyer un émissaire de premier plan à Washington. Une mission diplomatique programmée pour ce mercredi, avec un mandat impératif concernant l’avenir des relations bilatérales.

Le chef de l’État kényan a confirmé, ce lundi, le déplacement de son ministre du Commerce vers la capitale américaine. L’objectif assigné à cette mission est sans équivoque : conclure les négociations sur un accord commercial bilatéral. Cette démarche marque une nouvelle étape dans la stratégie de Nairobi, qui cherche à multiplier les partenariats économiques solides au-delà du continent africain.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le président Ruto s’est abstenu de dévoiler le contenu précis de l’accord attendu. Toutefois, le cadre de ces discussions s’inscrit dans une histoire diplomatique complexe. Entamées en 2020 sous les présidences de Donald Trump et d’Uhuru Kenyatta sous la forme d’un accord de libre-échange (ALE), les négociations avaient pris une autre tournure sous l’administration Biden avec le lancement, en juillet 2022, du Partenariat stratégique États-Unis–Kenya (STIP). Ce dernier privilégiait des engagements sur des normes non tarifaires telles que l’agriculture, le commerce numérique et la lutte contre la corruption, sans toucher aux barrières douanières.

**L’incertitude de l’AGOA comme toile de fond**

Cette accélération du calendrier kényan intervient dans un contexte particulier. Le président Donald Trump a signé mardi une prolongation de l’AGOA, ce dispositif commercial vieux de 26 ans permettant aux pays africains éligibles d’accéder au marché américain sans droits de douane. Cependant, cette extension est de courte durée, courant uniquement jusqu’au 31 décembre, et prévoit des modifications pour s’aligner sur la politique tarifaire de l’administration républicaine.

Face à ces ajustements de la politique américaine, Nairobi mise sur la diversification. William Ruto a souligné que son pays alignait sa stratégie pour bâtir un « écosystème de partenariats commerciaux plus fort ». Outre le dossier américain, le Kenya a récemment ratifié un Accord de partenariat économique avec l’Europe, conclu l’accord CEPA avec les Émirats arabes unis et annoncé que les discussions avec la Chine étaient sur le point d’aboutir.

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