Dakar, 9 fév (SL-INFO) – La route de la Méditerranée centrale continue d’être le théâtre de drames humains silencieux. Alors que les tentatives de traversée se poursuivent malgré les conditions hivernales, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait état, ce lundi, d’une nouvelle catastrophe maritime survenue la semaine dernière. L’incident, qui implique une embarcation de fortune, laisse derrière lui un bilan particulièrement lourd par rapport au nombre total de personnes embarquées.

Selon les éléments communiqués par l’agence Anadolu, le drame s’est produit le 6 février au nord de la ville de Zouara. Un canot pneumatique, qui avait quitté les côtes depuis Al-Zawiya la veille aux alentours de 23 heures, a chaviré après seulement six heures de navigation. L’embarcation transportait 55 migrants et réfugiés de diverses nationalités africaines au moment où elle a commencé à prendre l’eau. Le bilan dressé par l’institution internationale fait état d’au moins 53 personnes mortes ou portées disparues. Parmi les victimes figurent deux bébés. Les opérations de recherche et de sauvetage, menées par les autorités libyennes, n’ont permis de secourir que deux femmes de nationalité nigériane. Ces deux uniques rescapées ont été prises en charge pour des soins médicaux d’urgence dès leur débarquement, en coordination avec les services compétents.

Les témoignages recueillis auprès des survivantes éclairent sur l’ampleur de la tragédie personnelle vécue en mer. L’une d’elles a confié avoir perdu son mari lors du naufrage, tandis que l’autre a vu disparaître ses deux bébés. L’OIM qualifie cet axe migratoire de l’un des plus dangereux au monde et souligne que ces naufrages, souvent « invisibles », surviennent fréquemment dans des conditions météorologiques extrêmes. Les chiffres avancés par l’organisation restent préoccupants pour ce début d’année. Rien que pour le mois de janvier, 375 migrants ont été signalés morts ou disparus. Le projet « Migrants disparus » de l’OIM indique que le nombre total de victimes sur cette route s’élève à au moins 484 depuis le début de l’année 2026. Face à la persistance des réseaux de trafic qui exploitent les migrants, l’instance appelle à un renforcement de la coopération internationale pour développer des voies migratoires régulières.

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