Dakar, 09 fév (SL-INFO) – C’est une tribune médiatique sans équivalent que les survivantes du réseau de Jeffrey Epstein ont choisie pour relancer leur combat. Profitant de l’audience planétaire du Super Bowl, la finale du championnat de football américain organisée ce dimanche, un groupe de victimes a diffusé un message visuel percutant. L’objectif de cette démarche n’était pas seulement de rappeler les souffrances endurées, mais d’exiger des autorités américaines la levée du voile sur une quantité précise de documents qui, selon elles, manquent toujours à l’appel malgré les récentes divulgations.

Organisées sous la bannière du groupe « World Without Exploitation », ces femmes ont uni leurs voix dans un spot publicitaire pour interpeller directement l’opinion et la justice. « Après des années de séparation, nous sommes ensemble », déclare l’une d’elles dans la vidéo, tandis qu’une autre, brandissant une photo de son enfance, martèle la nécessité de la vérité.

Le cœur du message réside dans un chiffre qui s’affiche à l’écran, barré de ratures noires symbolisant la censure : trois millions. C’est le nombre de fichiers que les survivantes estiment encore classifiés ou non divulgués par le gouvernement américain. Le spot s’adresse nommément à la procureure générale Pam Bondi, l’invitant à « dire la vérité » sur l’étendue réelle du réseau de trafic sexuel mis en place par le financier décédé.

Cette offensive médiatique intervient dans un contexte particulier. Le mois dernier, le département de la Justice des États-Unis a pourtant rendu publiques trois millions de pages, accompagnées de 2 000 vidéos et 180 000 photographies. Ces éléments, rendus accessibles en vertu du « Epstein Files Transparency Act » promulgué par le président Donald Trump en novembre dernier, ont déjà mis en lumière des liens entre Jeffrey Epstein et des personnalités de premier plan, allant du prince Andrew à des figures de la technologie comme Elon Musk et Bill Gates, ou encore le politicien britannique Peter Mandelson

Cependant, pour les victimes, cette transparence reste incomplète. Malgré le volume massif d’informations déjà publiées, elles soutiennent que certains agresseurs présumés demeurent « cachés et protégés » par les documents restants. Cette initiative a reçu un écho politique immédiat, relayée notamment par le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

Pour rappel, Jeffrey Epstein a été retrouvé mort dans sa cellule de prison à New York en août 2019, officiellement par suicide, un mois après son inculpation pour trafic sexuel fédéral. La diffusion de ce spot lors de l’événement télévisuel le plus regardé des États-Unis marque une nouvelle étape dans la pression exercée sur Washington pour l’épuisement total de la procédure.

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