Dakar, 11 fév (SL-INFO) – Les autorités iraniennes ont marqué l’anniversaire de la révolution islamique de 1979 dans un climat de tension extrême, exacerbé par les récents conflits et une contestation interne sans précédent. Alors que les rassemblements officiels célébraient la consolidation du pouvoir des mollahs, la rue a été le théâtre d’une démonstration symbolique particulièrement hostile envers Washington, rapportée par Al Jazeera. Au cœur de Téhéran, près de la place Enghelab, l’administration a orchestré une mise en scène sans équivoque à l’attention de l’armée américaine. Cinq cercueils ont été exposés publiquement, peints aux couleurs du drapeau des États-Unis. Fait notable relevé par notre source, ces cercueils portaient les noms et les images de responsables militaires américains de premier plan, dont le chef du Commandement central, Brad Cooper, et le chef d’état-major, Randy Alan George. Cette installation intervient alors que le pays sort d’une « guerre de 12 jours » en juin dernier et fait face à des menaces directes de conflit ouvert. Une absence historique au sommet de l’État
Les célébrations ont été marquées par une rupture protocolaire majeure. Pour la première fois en 36 ans de règne, le Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, n’a pas assisté à la rencontre annuelle symbolique avec les commandants de l’armée et de l’air. Âgé de 86 ans et visé par des menaces d’assassinat émanant des États-Unis et d’Israël, le dirigeant s’est contenté d’un message vidéo appelant les Iraniens à « décevoir l’ennemi » par leur participation aux festivités.
Le président iranien, Masoud Pezeshkian, a quant à lui pris la parole place Azadi, appelant à l’unité nationale face aux « complots des puissances impériales », tout en réaffirmant la volonté de son gouvernement de négocier sur le programme nucléaire.
Guerre des chiffres sur le bilan humain
Cette commémoration survient dans un contexte de répression sanglante des manifestations débutées fin décembre. Les autorités iraniennes reconnaissent officiellement la mort de 3 117 personnes, qualifiées de victimes de « terroristes » et d’émeutiers soutenus par l’étranger. Cependant, les organisations de défense des droits de l’homme avancent des bilans bien plus lourds. L’agence HRANA, basée aux États-Unis, a confirmé environ 7 000 décès, tandis que le rapporteur spécial des Nations Unies sur l’Iran, Mai Sato, évoque le chiffre de plus de 20 000 civils tués, bien que l’information reste difficile à vérifier en raison du filtrage d’Internet.
L’ambiance dans la capitale a témoigné de ce clivage profond. Si des feux d’artifice ont illuminé le ciel près de la tour Milad, rappelant à certains habitants les bombardements récents, la nuit a été ponctuée d’affrontements verbaux. Aux cris de « Allahu Akbar » lancés par les partisans du régime à 21 heures, des opposants ont répondu depuis leurs fenêtres par des slogans hostiles au « dictateur ».
