Dakar, 12 fév (SL-INFO) – Également propriétaire de l’OGC Nice, le boss des Red Devils a comparé la situation du Royaume-Uni à celle de son club, estimant nécessaire de « prendre des mesures impopulaires » pour remettre le pays « sur les rails ».
Ses propos risquent de faire réagir. Habituellement discret dans les médias, Jim Ratcliffe, fondateur du groupe de pétrochimie Ineos et copropriétaire de Manchester United, s’est aventuré sur le terrain politique ce mercredi 11 février. Au cours d’un entretien accordé à Sky News, le milliardaire de 73 ans a été interrogé sur l’état de la société britannique. Et sa réponse a été très précise.
« On ne peut pas avoir une économie avec neuf millions de personnes qui dépendent des aides sociales et un afflux massif d’immigrants », a déclaré le chef d’entreprise, qui possède également l’OGC Nice. « Le Royaume-Uni a été colonisé par les immigrés, n’est-ce pas ? Je veux dire, la population du Royaume-Uni était de 58 millions en 2020, maintenant elle est de 70 millions. Cela représente 12 millions de personnes », a-t-il avancé selon des chiffres peu exacts, l’Office for National Statistics (ONS) parlant plutôt de 67 millions d’habitants mi-2020 pour 70 millions mi-2024.
Jim Ratcliffe en a même profité pour égratigner le bilan du Premier ministre britannique Keir Starmer. « Keir est un homme sympathique, je l’apprécie, mais c’est un poste difficile et je pense qu’il faut prendre des mesures difficiles pour remettre le Royaume-Uni sur les rails, car actuellement, l’économie ne se porte pas bien. »
« Prendre des mesures impopulaires et faire preuve de courage »
S’il n’a pas clairement pris position en sa faveur, Ratcliffe, également propriétaire de l’équipe cycliste Ineos Grenadiers, a révélé avoir rencontré Nigel Farage homme politique et figure de la droite souverainiste britannique. « Je pense que Nigel est un homme intelligent et qu’il a de bonnes intentions », a-t-il dit au sujet du leader du parti Reform.
« Je pense qu’il faut quelqu’un qui soit prêt à être impopulaire pendant un certain temps pour régler les grands problèmes », a analysé le boss de Manchester United, n’hésitant pas à comparer la situation de son pays à sa gestion des Red Devils. « J’ai été très impopulaire à Manchester United car nous avons procédé à de nombreux changements. Mais pour le mieux, à mon avis. Et je pense que nous commençons à voir des signes encourageants au sein du club. »
« Mais vous avez les mêmes problèmes avec le pays », a-t-il poursuivi. « Si vous voulez vraiment vous attaquer aux problèmes majeurs de l’immigration, notamment au fait que certaines personnes choisissent de percevoir des allocations plutôt que de travailler pour gagner leur vie, si vous voulez régler ce problème, alors vous allez devoir prendre des mesures impopulaires et faire preuve de courage. »
Très critiqué depuis sa prise de pouvoir à Manchester United fin 2023 via le groupe Ineos, Jim Ratcliffe présente pour l’instant un bilan peu reluisant à la tête du club de son cœur. Entre crise sportive, politique d’austérité et restructuration interne, sa gestion crispe de la même manière les supporters et les anciennes gloires du club mancunien, comme Éric Cantona, qui avait accusé les nouveaux propriétaires de vouloir « tout détruire » à MU.
