Dakar, 12 fév (SL-INFO) – Réuni à Addis-Abeba, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) s’est penché jeudi sur la situation en Corne de l’Afrique. Au cœur des échanges, la préservation de l’intégrité territoriale de la Somalie a conduit l’instance continentale à statuer sur les récentes manœuvres diplomatiques visant à légitimer l’indépendance du Somaliland.
Dans un communiqué relayé par l’agence Anadolu, le Conseil a formulé une position de principe stricte concernant la configuration des frontières de ses États membres. L’instance a réitéré son rejet catégorique de toute reconnaissance du Somaliland en tant qu’État indépendant, ciblant spécifiquement la décision prise le 26 décembre dernier par Israël. L’État hébreu est à ce jour le seul pays à avoir officialisé cette reconnaissance, une démarche qui avait immédiatement soulevé des critiques au sein de la région. L’Union africaine conteste la légalité même de l’acte posé par Tel-Aviv. Selon le Conseil, « aucun acteur n’a l’autorité ni la légitimité pour modifier la configuration territoriale d’un État membre ». En application du droit international et des textes fondateurs de l’Union, la déclaration israélienne est qualifiée de « nulle et non avenue », donc dépourvue de tout effet juridique. L’organisation panafricaine exige par conséquent la « révocation immédiate » de cette reconnaissance unilatérale. Au-delà de la question diplomatique, la réunion a permis d’évaluer la situation sécuritaire sur le terrain. Le Conseil a salué les avancées militaires réalisées par les forces de sécurité somaliennes, soutenues par la mission de l’UA (AUSSOM), face au groupe terroriste Al-Shabaab. L’objectif affiché reste de « dégrader plus efficacement » les capacités de ces groupes armés pour parvenir à leur défaite définitive.
Cependant, l’instance continentale lie directement ces succès militaires à la stabilité politique. Elle exhorte le gouvernement fédéral somalien à intensifier le dialogue avec les États membres de la fédération, soulignant que les divisions internes dans la gouvernance « compliquent la lutte contre les terroristes » et freinent la stabilisation du pays. Le Conseil a conclu en appelant à un financement « durable et prévisible » pour soutenir les opérations de l’AUSSOM.
