Dakar, 16 fév (SL-INFO) – Alors que les débats sur la souveraineté européenne s’intensifient face aux nouvelles exigences de l’Alliance atlantique, Berlin a adressé lundi un message de fermeté à son voisin français. Au-delà du constat d’insuffisance des investissements militaires, la diplomatie allemande a dicté la marche à suivre pour dégager des marges de manœuvre budgétaires, rejetant les solutions de financement commun prônées par Paris.
L’ambition affichée par la France en matière de défense européenne se heurte à la rigueur budgétaire de son principal partenaire. Dans un entretien accordé à la radio Deutschlandfunk et relayé par Anadolu, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a remis en cause la crédibilité des efforts français actuels. Pour Berlin, les discours sur l’autonomie stratégique ne sont pas suivis des actes nécessaires au niveau national.
« Quiconque en parle doit agir en conséquence dans son propre pays », a tranché le chef de la diplomatie allemande, qualifiant les mesures prises jusqu’à présent par Paris d’« insuffisantes » pour répondre aux nouveaux standards de sécurité.
Une coupe ciblée pour financer l’effort de guerre
Le point de friction concerne l’objectif fixé par les membres de l’OTAN, sous l’impulsion du président américain Donald Trump : atteindre un niveau de dépenses militaires équivalant à 5 % du PIB d’ici 2035. Pour y parvenir, Berlin ne se contente pas de demander une hausse des crédits militaires, mais indique précisément où trouver l’argent.
Johann Wadephul a explicitement invité la France à « faire des économies » dans le domaine social. Selon la vision allemande, c’est cette réorientation des dépenses publiques qui permettra de « disposer de la marge de manœuvre nécessaire pour atteindre l’objectif central de la capacité de défense de l’Europe ».
Fin de non-recevoir pour la dette commune
Cette injonction à l’austérité sociale s’accompagne d’un refus catégorique des mécanismes de financement alternatifs proposés par l’Élysée. L’idée d’une mutualisation européenne des emprunts pour soutenir les investissements de défense, défendue par le président Emmanuel Macron, a été écartée.
S’alignant sur la position du chancelier Friedrich Merz, le ministre a rappelé que l’engagement des 5 % relève strictement des « dépenses nationales ». Cette mise au point intervient alors que l’Alliance atlantique presse ses membres européens d’accélérer le partage du fardeau financier pour leur propre sécurité.
