Dakar, 16 fév (SL-INFO) – La question de la surpopulation carcérale s’impose aujourd’hui comme l’un des défis majeurs du système judiciaire au Sénégal. Pendant l’examen du projet de loi portant création de l’Observatoire national des Lieux de Privation de Liberté, ce lundi 16 février 2026 en plénière, les députés ont largement insisté sur la dégradation progressive des conditions de détention, devenue un sujet de préoccupation nationale. Dans plusieurs établissements pénitentiaires, le nombre de détenus dépasse largement les capacités d’accueil prévues. Cette promiscuité favorise la propagation des maladies infectieuses, accentue les tensions entre détenus et complique la gestion quotidienne des prisons. Les Commissaires ont également évoqué la mauvaise qualité de l’alimentation, l’insuffisance des soins médicaux et la vétusté des infrastructures.
Au-delà des aspects sanitaires, les conditions de visite ont aussi été pointées du doigt. Le manque d’intimité dans les parloirs compromet le maintien des liens familiaux, pourtant reconnu comme un facteur essentiel de réinsertion sociale. Face à cette situation, le Gouvernement met en avant un programme de modernisation du système carcéral. Celui-ci repose notamment sur la construction de nouveaux établissements, dont le projet de la Prison de Diamniadio, conçue pour accueillir un nombre important de détenus et répondre aux standards internationaux en matière de détention.
Parallèlement, les autorités misent sur des mesures de désengorgement, notamment à travers l’octroi de grâces présidentielles et la promotion d’alternatives à la détention provisoire. Toutefois, plusieurs parlementaires estiment que ces initiatives devront s’accompagner d’une réforme plus profonde de la politique pénale pour produire des effets durables.
