Dakar, 16 fév (SL-INFO) – La persévérance des autorités sanitaires a fini par payer. Alors que le dossier sénégalais avait été écarté lors de deux tentatives précédentes, le ministère de la Santé et de l’Action sociale vient de valider une étape importante dans la sécurisation des ressources pour la santé publique. Cette nouvelle enveloppe, destinée à renforcer la résilience du pays face aux crises épidémiques, marque un tournant dans la stratégie de financement du secteur.

Selon les informations rapportées par nos confrères de Sud Quotidien, le Sénégal a officiellement obtenu un financement d’environ 14 milliards de francs CFA auprès du Pandemic Fund. Ce succès intervient après deux échecs consécutifs, soulignant la révision stratégique opérée par les équipes techniques pour répondre aux critères exigeants de ce fonds mondial. Cette allocation vise spécifiquement à consolider les capacités nationales en matière de prévention, de préparation et de riposte face aux pandémies. Une approche « One Health » déterminante

Ce qui a fait la différence lors de cette troisième tentative réside dans l’approche multisectorielle adoptée. Le projet s’articule autour du concept « One Health » (Une seule santé), qui ne limite pas la vigilance sanitaire aux seuls hôpitaux. Le programme implique une collaboration étroite entre le ministère de la Santé et d’autres départements clés tels que l’Environnement, l’Agriculture, l’Élevage, ou encore l’Assainissement et la Défense. Cette méthode décloisonnée permet de surveiller les risques à l’interface entre la santé humaine, animale et environnementale.Cinq régions prioritaires ciblées

L’utilisation de ces fonds obéit à une cartographie précise des risques. L’argent ne sera pas saupoudré sur tout le territoire, mais concentré sur les zones jugées les plus vulnérables. Les régions de Kaffrine, Kédougou, Kolda, Matam et Tambacounda bénéficieront d’une attention particulière. Ces zones, souvent frontalières ou enclavées, sont identifiées comme des points d’entrée ou de développement potentiels pour des pathogènes émergents.

Ce financement de 14 milliards s’ajoute à une mobilisation plus large de ressources. Depuis avril 2024, ce sont près de 277,2 milliards de francs CFA qui ont été levés auprès des partenaires techniques et financiers pour soutenir le système de santé, notamment pour le relèvement du plateau technique et la réforme de la souveraineté pharmaceutique.

Le déblocage de ce fonds est également le fruit d’un intense lobbying diplomatique et technique. Le travail de la « Circonscription Ouest » au Conseil d’administration du Pandemic Fund, représentée par Mme Gnagna Lam et le Pr Moussa Seydi, chef du Service des maladies infectieuses de l’Hôpital de Fann, a été déterminant pour inverser la tendance des précédents rejets.

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