Dakar, 16 fév (SL-INFO) – Une nouvelle confrontation diplomatique oppose Moscou à plusieurs chancelleries occidentales concernant les circonstances exactes du décès d’Alexey Navalny. Alors que cinq nations européennes viennent de pointer officiellement l’utilisation d’une substance létale bien particulière, la présidence russe a tenu à apporter une réponse catégorique ce lundi, fermant la porte à toute reconnaissance des faits avancés.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié ces nouvelles accusations de « biaisées et sans fondement ». Cette réaction officielle, relayée par Al Jazeera, fait suite à une déclaration commune publiée samedi par le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède. Ces cinq pays affirment détenir des éléments probants indiquant que l’opposant russe a été empoisonné à l’épibatidine. Cette substance identifiée par les experts européens est une toxine puissante que l’on trouve naturellement chez certaines grenouilles d’Amérique du Sud. Elle peut également être synthétisée en laboratoire. Selon les conclusions occidentales, ce poison agit sur l’organisme de manière similaire aux agents neurotoxiques, provoquant des difficultés respiratoires, des convulsions et un arrêt cardiaque. Les signataires du rapport soutiennent que l’État russe disposait des « moyens, du mobile et de l’opportunité » pour administrer ce produit.

Face à ces allégations techniques, Moscou maintient sa ligne de défense habituelle. « Nous n’acceptons naturellement pas de telles accusations », a martelé Peskov lors de son point presse, rejetant « fermement » la thèse de l’assassinat. Les autorités russes continuent d’attribuer le décès de l’avocat de 47 ans, survenu le 16 février 2024 dans une colonie pénitentiaire de l’Arctique, à des causes naturelles après une promenade. Ce regain de tension intervient alors que les partisans de Navalny et plusieurs diplomates étrangers se sont rendus sur sa tombe à Moscou lundi pour marquer l’anniversaire de sa disparition. L’opposant, figure centrale de la contestation contre Vladimir Poutine, avait déjà survécu à une tentative d’empoisonnement au Novitchok en 2020.

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