Dakar, 17 fév (SL-INFO) – La tension monte d’un cran au Proche-Orient avec une décision administrative aux conséquences lourdes pour la propriété foncière. Alors que les incursions militaires et les violences se sont intensifiées ces derniers mois, le gouvernement israélien vient d’entériner une directive qui modifie substantiellement la gestion des terres occupées. Cette mesure, loin d’être symbolique, transforme le rapport de force juridique sur le terrain. Le gouvernement israélien a officiellement approuvé un plan visant à désigner de vastes zones de la Cisjordanie occupée comme « propriété de l’État ». Selon les informations relayées par Al Jazeera, cette décision administrative a pour effet immédiat de déplacer la charge de la preuve. Désormais, il incombe aux Palestiniens d’établir formellement la propriété de leurs terres pour espérer les conserver, une démarche administrative complexe dans le contexte actuel. Cette redéfinition juridique intervient alors que les chiffres des déplacements forcés atteignent des niveaux inédits. Les données compilées par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) indiquent qu’au moins 37 135 Palestiniens ont été déplacés à travers la Cisjordanie occupée au cours de l’année 2025. Il s’agit d’un record, alimenté par la combinaison des opérations militaires et de l’expansion des colonies.
L’UNRWA précise que les incursions militaires ont provoqué le déplacement forcé de plus de 33 000 personnes, principalement issues des camps de réfugiés du nord : Jénine, Tulkarem et Nur Shams. Parallèlement, près de 3 800 autres personnes ont perdu leur logement suite à des démolitions, des violences de colons ou des restrictions d’accès.
Cette dynamique se concentre particulièrement dans la zone C. Définie par les accords d’Oslo de 1993, cette zone couvre 60 % de la Cisjordanie et reste sous contrôle total d’Israël, tant sur le plan sécuritaire qu’administratif. Bien que moins peuplée que les zones A et B (sous administration palestinienne), c’est dans ce secteur que la majorité des démolitions et des attaques de colons sont recensées, l’administration civile israélienne n’accordant que très rarement des permis de construire aux résidents palestiniens.
Sur le terrain, la violence des colons suit une courbe ascendante constante depuis plusieurs années. Les statistiques de l’OCHA font état de 1 828 attaques enregistrées en 2025, soit une moyenne de cinq incidents par jour. Les gouvernorats de Ramallah et el-Bireh sont les plus touchés, suivis par ceux de Naplouse et Hébron. Ces actions émanent des quelque 250 colonies et avant-postes illégaux dispersés sur le territoire, où vivent aujourd’hui entre 600 000 et 750 000 Israéliens.

