Dakar, 17 fév (SL-INFO) – C’est une feuille de route placée sous le signe de la rigueur que le gouvernement français vient de soumettre à la conférence des présidents de l’Assemblée nationale. Contraint par une équation budgétaire complexe et l’absence de majorité absolue, le Premier ministre Sébastien Lecornu a choisi de réduire la voilure législative. Jusqu’à la pause estivale, l’action de l’État ne se dispersera plus : elle se concentrera exclusivement sur un noyau dur de compétences régaliennes. C’est une feuille de route placée sous le signe de la rigueur que le gouvernement français vient de soumettre à la conférence des présidents de l’Assemblée nationale. Contraint par une équation budgétaire complexe et l’absence de majorité absolue, le Premier ministre Sébastien Lecornu a choisi de réduire la voilure législative. Jusqu’à la pause estivale, l’action de l’État ne se dispersera plus : elle se concentrera exclusivement sur un noyau dur de compétences régaliennes. Le message transmis par l’entourage de Matignon est sans équivoque : « La dispersion n’est plus possible ». Face à un environnement géopolitique qui se durcit et des marges de manœuvre financières qui se réduisent, l’exécutif français opère un repli stratégique sur le « cœur de métier » de l’État. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, cette nouvelle doctrine repose sur quatre piliers non négociables : la protection des citoyens, le maintien de l’ordre public, la défense nationale ainsi que la sécurité énergétique et alimentaire.

Cette rationalisation se traduit par un calendrier parlementaire densifié autour de textes structurants. L’actualisation de la loi de programmation militaire et la réforme de la justice criminelle, portée par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, figurent en tête des priorités, aux côtés du renforcement des pouvoirs des polices municipales. Dès le mois de mars, l’Assemblée nationale se penchera sur le dossier constitutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Le mois d’avril marquera un tournant sécuritaire avec l’examen de la proposition de loi du député Renaissance Charles Rodwell. Ce texte vise spécifiquement à prévenir les risques d’attentats en élargissant les possibilités de rétention des étrangers considérés comme dangereux.

En parallèle, plusieurs commissions mixtes paritaires devront trancher sur des sujets sensibles : la lutte contre les fraudes sociales, la simplification de la vie économique — incluant le dossier explosif des zones à faibles émissions (ZFE) — et la proposition de loi de Laure Miller interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Le mois de mai verra l’arrivée dans l’hémicycle du projet de loi sur l’allocation sociale unique, avant que le mois de juin ne soit consacré à la programmation militaire et à la justice criminelle. Une session extraordinaire pourrait même être convoquée en juillet pour boucler le projet de loi « résilience et sécurité ».

**Le Sénat mobilisé sur les questions de société**

Pendant ce temps, le Sénat examinera en mars les textes sur la fin de vie et les soins palliatifs, ainsi que la régulation numérique pour les mineurs. La Haute Assemblée se saisira en mai de la réforme constitutionnelle sur le statut de la Corse, avant d’aborder en juin l’« urgence agricole » et la simplification de l’action des collectivités territoriales.

À un peu plus d’un an de l’élection présidentielle, cet agenda resserré constitue un pari politique pour l’exécutif. En misant tout sur le régalien, le gouvernement espère démontrer son utilité et stabiliser le débat parlementaire, malgré la fragilité des compromis actuels.

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