Bakel, 17 fév (SL-INFO) – L’Antenne régionale de la Division Nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants (DNLT) à Tambacounda a opéré un coup de filet décisif ce 16 février 2026. Sur la base de renseignements croisés entre Kédougou et Bakel, les éléments de la police ont mis fin aux agissements d’une dame impliquée dans un réseau de proxénétisme, dont les déclarations face aux enquêteurs éclairent crûment la réalité économique de ce trafic. L’opération trouve son origine dans un renseignement opérationnel transmis par l’antenne de Kédougou. L’information signalait la séquestration d’une ressortissante nigériane dans le quartier Lawol Tamba, à Tambacounda. Les investigations ont rapidement permis de remonter la filière jusqu’à Bakel, où les enquêteurs se sont transportés pour interpeller la principale suspecte à son domicile. Selon les informations relayées par Kawtef, le mode opératoire reposait sur un système de servitude pour dettes. La victime, convoyée depuis le Nigeria, était contrainte de se livrer à la prostitution pour rembourser une somme fixée à deux millions (2 000 000) de FCFA. Lors de son audition, la jeune femme a confirmé avoir été introduite au Sénégal sous cette contrainte financière.
Une transaction humaine chiffrée
Face aux enquêteurs, la mise en cause a livré des détails sur la logistique du réseau. Si elle a contesté le montant exact de la dette réclamée à la victime, elle a en revanche reconnu l’acte initial d’acquisition. La suspecte a avoué avoir « acheté » la victime à Dakar pour la somme de 275 000 FCFA, confirmant ainsi la dimension transactionnelle de l’exploitation.
La perquisition effectuée au domicile de la prévenue à Bakel a permis la saisie de plusieurs éléments matériels : un lot de préservatifs, des carnets sanitaires, des cartes consulaires étrangères et du numéraire. C’est cependant l’analyse technique du téléphone portable saisi qui a apporté une dimension supplémentaire au dossier.
Outre de nombreuses transactions financières suspectes, l’exploitation de l’appareil a révélé l’existence d’une vidéo montrant une mineure soumise à des actes dégradants sous la contrainte. La Police nationale, qui a déféré la suspecte pour traite des êtres humains et proxénétisme, rappelle l’existence du numéro vert 800 00 17 00 pour tout signalement.
