Dakar, 18 fév (SL-INFO) – Le calendrier institutionnel de la zone euro pourrait connaître une accélération inattendue. Alors que le mandat de la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) court théoriquement jusqu’en octobre 2027, des considérations stratégiques liées à la politique intérieure française semblent remettre en cause cet agenda. Selon les informations rapportées par Anadolu, citant le Financial Times, un départ anticipé de Christine Lagarde est désormais sur la table des discussions.
L’ancienne directrice du FMI, en poste à Francfort depuis novembre 2019, pourrait quitter ses fonctions avant l’échéance officielle du 31 octobre 2027. La manœuvre viserait un objectif précis : anticiper l’élection présidentielle française prévue en avril de la même année. Les gouvernements européens chercheraient ainsi à sécuriser la nomination de son successeur avant une potentielle instabilité politique ou une montée de l’extrême droite en France, qui pourrait complexifier le processus de désignation.
Ce scénario d’un remaniement précoce trouve un écho particulier après le départ anticipé de François Villeroy de Galhau de la Banque de France, survenu le 9 février. Si le processus standard de nomination à la tête de la BCE débute généralement quelques mois avant la fin du mandat, le contexte politique pousse les décideurs à envisager une modification du calendrier pour garantir que la France et les instances européennes conservent la maîtrise du choix du prochain président.
Face à ces spéculations relayées par la presse économique, l’institution monétaire reste prudente. Un porte-parole de la BCE a indiqué que Christine Lagarde demeure « totalement concentrée sur sa mission » et qu’elle n’a pris « aucune décision concernant la fin de son mandat ». L’institution précise que toute communication sur la succession se fera dans le respect des procédures en vigueur. Toutefois, les discussions entre les États membres de la zone euro se poursuivent en coulisses.
Sous la direction de Christine Lagarde, la BCE a traversé des crises majeures, de la pandémie de COVID-19 aux répercussions économiques du conflit russo-ukrainien. Sa politique monétaire restrictive a notamment permis de ramener l’inflation, qui avait atteint un pic record de 10 % en 2022, à 1,7 % en janvier 2026.
