Dakar, 18 fév (SL-INFO) – Le mois de Ramadan, traditionnellement synonyme de piété et de partage, s’ouvre cette année dans un climat économique tendu pour les foyers dakarois. Alors que les attentes portaient sur un allègement du coût de la vie, la réalité des étals révèle une persistance inflationniste qui met à l’épreuve le pouvoir d’achat des consommateurs, contraints de revoir leur gestion quotidienne.
La stagnation des revenus, couplée à une hausse marquée des prix, place de nombreux ménages dans une situation délicate pour couvrir leurs besoins essentiels. Selon les informations rapportées par Kawtef, cette tension budgétaire se cristallise autour de denrées spécifiques qui, malgré le contexte, affichent des tarifs élevés. Le café, le sucre, les légumes ainsi que la bonbonne de gaz constituent le quatuor de produits dont le coût pèse le plus lourdement sur le panier de la ménagère en ce début de jeûne.
Cette flambée survient alors que des annonces officielles laissaient espérer une baisse des prix. Sur le terrain, le constat des consommateurs tranche avec les promesses publiques : aucun changement concret n’est perçu dans les transactions quotidiennes. Marième Boye, mère de famille interrogée sur la situation, confirme cette difficulté : « Les prix ont augmenté. C’est très difficile cette année. »
Face à cette inflation qui ne dit pas son nom, les familles dakaroises déploient des stratégies d’adaptation pour assurer la rupture du jeûne. Les ménages procèdent désormais par achats fractionnés en petites quantités, privilégient strictement les produits essentiels et modifient la composition des menus. Ce contexte met en lumière un paradoxe économique : le mois de Ramadan, période de privation physique, entraîne une hausse mécanique des dépenses, obligeant les citoyens à naviguer entre préservation de leur dignité et rigueur budgétaire.
