Dakar, 18 fév (SL-INFO) – Le ballet diplomatique se poursuit dans la Corne de l’Afrique avec une escale décisive du président turc à Addis-Abeba. Reçu ce mardi par le Premier ministre Abiy Ahmed, Recep Tayyip Erdoğan n’a pas effectué ce déplacement uniquement pour les honneurs protocolaires liés au centenaire des relations entre les deux nations. Au-delà des symboles, la rencontre a servi de cadre pour redéfinir les ambitions économiques liant Ankara et Addis-Abeba, avec en ligne de mire un volume d’affaires que les deux dirigeants entendent drastiquement revoir à la hausse.

Un cap financier clairement défini

C’est l’annonce majeure de cette visite officielle : la Turquie et l’Éthiopie ne se contentent plus du niveau actuel de leurs transactions. Lors de la conférence de presse conjointe, les deux chefs d’État ont dévoilé leur intention de porter le volume des échanges commerciaux annuels à un milliard de dollars. Une cible ambitieuse qui, selon nos informations relayées par Agence Afrique, a dominé les discussions à huis clos.

« Nous avons discuté des moyens de développer notre coopération dans de nombreux domaines et d’atteindre notre objectif d’un milliard de dollars d’échanges commerciaux », a précisé le président Erdoğan. Cette volonté politique s’appuie sur une base déjà solide, la Turquie cherchant à consolider sa position stratégique dans cette région vitale du continent.

Le poids du deuxième investisseur étranger

Si l’objectif commercial est fixé, la présence turque en Éthiopie est déjà une réalité chiffrée et tangible. Ankara se positionne actuellement comme le deuxième investisseur dans le pays. Les données communiquées lors de cette visite font état de 2,5 milliards de dollars d’investissements cumulés. Ce flux de capitaux est porté par plus de 200 entreprises turques opérant sur le sol éthiopien, générant environ 20 000 emplois locaux.

Le portefeuille de projets réalisés est tout aussi dense. Les entreprises turques ont finalisé 15 projets d’envergure pour une valeur totale de 2,6 milliards de dollars. Ces infrastructures couvrent des secteurs critiques tels que les chemins de fer, les transports, l’industrie, le tourisme et les lignes de transport d’énergie.

Une relation centenaire

Cette accélération économique s’inscrit dans une temporalité diplomatique particulière. La visite coïncide avec le centenaire de la présence turque en Afrique subsaharienne, marquée par l’ouverture de l’ambassade de Turquie à Addis-Abeba en 1926. Pour le président turc, l’Éthiopie reste un partenaire incontournable en raison de « son poids politique, économique et culturel » et de sa situation géographique stratégique.

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