Dakar, 19 fév (SL-INFO) – L’ambition est chiffrée et le cap est fixé : le Sénégal vise 40 % d’énergie solaire dans son mix énergétique à l’horizon 2040. Mais cette accélération vers le renouvelable porte en elle une équation logistique complexe que les autorités tentent désormais de résoudre avant qu’elle ne devienne critique. C’est tout l’enjeu de la concertation initiée mardi dernier entre les institutions publiques et l’Agence belge de coopération internationale (Enabel).

Alors que les installations photovoltaïques se multiplient sur le territoire, la question de leur devenir une fois hors service se pose avec acuité. Ce n’est plus seulement la production d’énergie qui préoccupe les experts, mais bien la gestion des équipements en fin de vie. Selon les informations relayées par notre confrère Sud Quotidien, un atelier technique a réuni les acteurs du secteur pour élaborer une feuille de route nationale dédiée à cette problématique.

L’objectif de cette collaboration avec la Belgique dépasse la simple installation d’infrastructures. Pierre-Henri Dimanche, chef du portefeuille climat à Enabel, précise qu’il s’agit d’anticiper un volume de déchets appelé à croître mécaniquement avec l’essor du parc solaire. La démarche vise à instaurer un cadre institutionnel clair et des règles durables pour éviter que la solution énergétique d’aujourd’hui ne devienne le problème environnemental de demain.

Pour l’Agence nationale des énergies renouvelables (ANER), cette anticipation est stratégique. Son Directeur général, Dr Diouma Kobor, insiste sur la double dimension de ce chantier : environnementale, pour éviter la pollution, mais aussi économique. La mise en place d’une filière de traitement et de régénération de ces équipements pourrait générer des « emplois verts », transformant une contrainte technique en opportunité de développement.

Cette coopération technique avec Enabel marque une évolution dans la gouvernance du secteur. Au-delà des projets ponctuels, l’État cherche désormais à structurer l’ensemble du cycle de vie des équipements solaires, en impliquant le ministère des Mines et le secteur privé dans une logique de responsabilité partagée.

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