Dakar, 19 fév (SL-INFO) – La rencontre de Ligue des champions entre Benfica et le Real Madrid (0-1), disputée mardi, continue de faire couler beaucoup d’encre. En cause : les accusations d’insultes racistes formulées par l’ailier madrilène Vinicius Junior à l’encontre du joueur lisboète Gianluca Prestianni.
Sans trancher sur le fond de l’affaire, l’entraîneur de Benfica, José Mourinho, a toutefois pointé du doigt la célébration jugée provocante du Brésilien, laissant entendre que son attitude pouvait expliquer les tensions. Une sortie qui a profondément choqué Lilian Thuram.
Dans un entretien accordé à L’Équipe, l’ancien défenseur des Bleus n’a pas mâché ses mots. S’il reconnaît la carrière exceptionnelle du technicien portugais, Thuram estime que ses propos illustrent précisément les blocages persistants dans la lutte contre le racisme. Selon lui, remettre en question la parole de la victime et s’interroger sur sa responsabilité à travers une célébration relève d’un grave contresens.
Pour le champion du monde 1998, l’acte raciste dénoncé par Vinicius Junior n’a aucun lien avec son comportement sur le terrain, mais uniquement avec la couleur de sa peau. En suggérant que le joueur aurait « provoqué » les insultes, Mourinho ferait preuve, selon Thuram, d’une violence symbolique extrême et d’un sentiment de supériorité inacceptable.
Plus sévère encore, l’ancien joueur de la Juventus et du FC Barcelone juge cette analyse « pathétique » et estime qu’elle empêche toute lutte collective efficace contre le racisme. Tant que certains responsables continueront, selon lui, à minimiser ou relativiser ces actes, il sera impossible d’avancer ensemble sur ce combat essentiel, au cœur même de l’histoire et des réalités du racisme dans le football et au-delà.
