Dakar, 19 fév (SL-INFO) – L’Inspection générale de la justice (IGJ) a rendu ses conclusions ce jeudi concernant le meurtre d’Inès Mecellem, survenu en septembre 2025 à Poitiers. Saisie par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, pour faire la lumière sur le suivi de la victime par les services de l’État, l’institution a livré une analyse technique des circonstances ayant conduit au drame.
Selon le rapport, le dossier révèle une « accumulation de défaillances » dans la chaîne de protection. L’IGJ estime que le niveau de menace pesant sur la jeune femme de 25 ans n’a été « ni correctement évalué, ni suffisamment anticipé ». Le document met en exergue des fragilités dans le traitement des cinq plaintes déposées par la victime entre le 10 juillet et le 28 août, ainsi que dans la coordination judiciaire. L’analyse pointe un « paradoxe » administratif spécifique : si les outils de protection existent et que le cadre légal est défini, leur efficacité a été neutralisée par une absence de coordination opérationnelle. Inès Mecellem disposait pourtant d’un « téléphone grave danger » (TGD), un dispositif qu’elle avait activé deux jours avant sa mort, signalant être traquée par son ex-compagnon.
Le rapport insiste sur la nécessité d’un pilotage plus strict des dossiers de violences intrafamiliales par le parquet. En parallèle, des informations transmises à la justice indiquent que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a relevé des dysfonctionnements au sein du commissariat de Poitiers, notamment des problèmes d’effectifs et une priorisation inadéquate du dossier durant la période estivale. Le principal suspect, ex-compagnon de la victime, est toujours recherché pour assassinat. Un complice présumé a été mis en examen en décembre pour avoir facilité sa fuite. Face à ces constats, Gérald Darmanin a annoncé, selon Anadolu, la création prochaine d’un guichet national dédié aux téléphones grave danger et une homogénéisation des stages de responsabilisation pour les auteurs de violences.
