Dakar, 23 fév (SL-INFO) – À la veille du quatrième anniversaire du plus grand conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, la situation sur le terrain s’alourdit avec de nouvelles pertes humaines. En parallèle, les tractations diplomatiques à Bruxelles pour soutenir financièrement Kiev se heurtent à un obstacle inattendu lié à l’approvisionnement énergétique.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, au moins quatre personnes ont perdu la vie dans une récente vague d’attaques russes en Ukraine. Dans le sud du pays, le gouverneur de la région d’Odessa, Oleh Kiper, a indiqué que deux personnes ont été tuées dans la nuit de lundi suite à des frappes de drones ciblant des infrastructures industrielles, civiles et énergétiques. Un aéronef a notamment percuté un appartement situé dans un immeuble à plusieurs étages sans exploser, nécessitant l’intervention des services d’urgence et la prise en charge psychologique des résidents.
Plus à l’est, dans la région de Zaporijjia, les autorités locales documentent plus de 750 attaques sur 44 localités, causant la mort de deux personnes dans la ville éponyme. La ville de Kharkiv a également été touchée par un missile dans le district de Kholodnogirsky. Sur le plan aérien, l’Ukraine affirme avoir abattu 105 drones russes durant la nuit, tandis que Moscou annonce l’interception de 152 appareils ukrainiens.
Loin de la ligne de front, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se sont réunis à Bruxelles ce lundi. À l’ordre du jour figurent l’élaboration d’un vingtième paquet de sanctions contre la Russie, incluant une interdiction des services maritimes liés aux exportations de pétrole brut russe, ainsi qu’un prêt de 90 milliards d’euros destiné à couvrir les besoins financiers du gouvernement ukrainien jusqu’à la fin de l’année 2027.
Ce financement massif, initialement validé en décembre et approuvé par le Parlement européen, est aujourd’hui paralysé. Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a annoncé que Budapest bloquera l’octroi de ce prêt tant que les exportations de pétrole russe vers la Hongrie, transitant par l’oléoduc Droujba, ne reprendront pas.
L’interruption de ce flux pétrolier fait l’objet de versions contradictoires. Les sources ukrainiennes attribuent l’arrêt des pompages, effectif depuis fin janvier, aux bombardements russes. À l’inverse, la Hongrie et la Slovaquie, qui dépendent également de cette infrastructure, accusent les dirigeants ukrainiens d’empêcher délibérément la reprise des livraisons.
Cette exigence hongroise a provoqué de vives réactions au sein de l’UE avant même le début de la réunion bruxelloise. Le chef de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, a qualifié la posture de Budapest de « choquante ». De son côté, le ministre estonien Margus Tsahkna a imputé la fermeture de l’oléoduc à la Russie, soulignant qu’une incapacité à imposer ces sanctions ferait le jeu de Moscou. Le ministre allemand Johann Wadephul s’est quant à lui dit étonné par la position hongroise, tout en affichant sa confiance quant à la résolution de ce blocage à l’issue des discussions.
