Dakar, 24 fév (SL-INFO) – Le Mexique retient son souffle. Malgré les déclarations de la présidente Claudia Sheinbaum assurant un retour au calme, le pays vit en état d’alerte maximale suite à l’élimination de l’un de ses narcotrafiquants les plus recherchés, Nemesio Oseguera, dit « El Mencho ». Une vague d’attaques en représailles a paralysé plusieurs régions, forçant un déploiement militaire sans précédent.

Quelque 10 000 soldats ont été mobilisés dans 20 des 32 États du pays pour endiguer le chaos. À Guadalajara, capitale de l’État de Jalisco et fief du puissant Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), au moins 2 000 militaires patrouillent dans les rues. Lundi, les écoles sont restées closes dans la métropole et plusieurs autres villes. Si les transports publics ont timidement repris, la peur maintenait les bus quasi déserts.

Le bilan humain de l’opération et des violences qui ont suivi est lourd. Le ministre de la Sécurité, Omar Garcia Harfuch, a annoncé lundi un total de 74 morts, dont 25 membres de la Garde Nationale, tombés lors des affrontements qui ont conduit à la mort du baron de la drogue.

Âgé de 59 ans, « El Mencho » était considéré comme le dernier des grands chefs de cartel de l’ancienne école, dans la lignée brutale de Joaquin « El Chapo » Guzman. Cofondateur du CJNG en 2009, il a fait de ce groupe l’une des organisations criminelles les plus puissantes et violentes des Amériques. Sa riposte a été immédiate et spectaculaire : routes bloquées par des véhicules incendiés, attaques contre des banques, des stations-service et des commerces, plongeant plusieurs États dans une atmosphère de guerre civile.

Face à ce déferlement de violence, la présidente Claudia Sheinbaum a tenté de rassurer : « Le Mexique est calme. Nous nous sommes réveillés sans blocages routiers, et toute l’activité a été rétablie ». Une déclaration qui contraste fortement avec le climat de « calme inquiétant » palpable sur le terrain.

L’opération a bénéficié d’un soutien en renseignement des États-Unis, comme l’a confirmé la Maison Blanche. La présidente Sheinbaum a cependant insisté sur le fait que l’intervention était purement mexicaine. « Il n’y a eu aucune participation des forces américaines », a-t-elle précisé, soulignant que la planification et l’exécution relevaient entièrement de la responsabilité des forces fédérales mexicaines.

Désormais, les experts craignent que la disparition d’« El Mencho » ne crée un vide à la tête du CJNG. Faute de succession claire, une violente guerre de pouvoir pourrait éclater pour le contrôle de son empire, promettant de nouvelles vagues de violence pour un pays déjà meurtri.

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