Dakar, 26 fév (SL-INFO) – En Norvège, une prise de conscience silencieuse gagne la génération la plus connectée de l’histoire. Loin de l’image d’une jeunesse passivement rivée à ses écrans, un nombre croissant d’enfants et d’adolescents exprime un désir profond de lever le pied et de se déconnecter des réseaux sociaux qui rythment leur quotidien.
C’est le constat frappant d’une nouvelle enquête de l’Autorité norvégienne des médias. Menée auprès de 1 750 jeunes de 9 à 18 ans, l’étude révèle que près de quatre sur dix (38 %) estiment passer un temps excessif sur ces plateformes. Parallèlement, 30 % avouent souhaiter pouvoir s’en éloigner plus souvent, un chiffre en légère hausse qui témoigne d’une préoccupation grandissante.
Mais comment expliquer cette difficulté à décrocher ? Les experts pointent du doigt des mécanismes délibérément conçus pour capter notre attention. Selon le chercheur Henrik Haug Saetra, les géants du numérique emploient des spécialistes dont la mission est de maximiser l’engagement des utilisateurs. Un phénomène que Kamilla Steinnes, chercheuse à l’université OsloMet, nomme sans détour le ‘design addictif’.
« Même moi, j’ai du mal à me déconnecter », confie-t-elle au média public NRK. Elle décrit l’efficacité redoutable des formats vidéo courts et divertissants qui, tout en créant un sentiment d’appartenance, maintiennent l’utilisateur dans un état d’alerte permanent. « Si vous vous déconnectez, la peur de manquer quelque chose augmente. Cela rend difficile de ranger son téléphone », analyse-t-elle, mettant en lumière le fameux ‘FOMO’ (Fear Of Missing Out).
Cette hyperconnexion n’est pas sans conséquences. Le rapport souligne qu’un adolescent sur quatre (28 %) considère que les réseaux sociaux empiètent directement sur son temps de sommeil, un pilier essentiel à la santé physique et mentale.
Cette étude norvégienne s’inscrit dans un contexte mondial de questionnement sur l’impact des réseaux sociaux sur les mineurs. Alors que de nombreux pays explorent des pistes pour mieux encadrer leur usage, la jeunesse norvégienne semble elle-même exprimer un besoin urgent de limites.
