Dakar, 09 mars (SL-INFO) – Le conflit au Moyen-Orient fait planer le spectre d’une flambée des cours du pétrole brut. Saad Sherida Al-Kaabi, ministre qatari de l’Énergie et patron de QatarEnergy, cité par L’Observateur, annonce que le prix du baril pourrait atteindre 150 dollars (85400 F CFA), une perspective susceptible de provoquer une onde de choc sur l’économie mondiale. Pour le Sénégal, cette situation constitue à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle, en raison de son statut hybride de producteur d’hydrocarbures mais aussi d’importateur.
Mauvaise nouvelle
La première inquiétude concerne l’impact direct d’une hausse durable des prix. Selon l’expert pétrolier Ibrahima Bachir Dramé, interrogé par le quotidien du Groupe Futurs Médias, le Sénégal ne pourra pas totalement échapper aux turbulences internationales. Une flambée des cours augmenterait mécaniquement le coût des importations de produits raffinés, pesant lourdement sur les finances publiques. Dans ce scénario, l’État pourrait être contraint de « réviser ses prévisions budgétaires » pour absorber le surcoût des subventions énergétiques.
Cette situation risquerait d’alimenter l’inflation, touchant le transport et l’électricité. Pour atténuer ce choc, l’expert suggère que « l’on pense à soutenir le secteur de la distribution en pensant à une diminution sur les taxes par exemple » afin d’éviter une répercussion brutale sur le consommateur final. Face à ces risques, le gouvernement de Ousmane Sonko a activé, le 3 mars 2026, un comité interministériel dédié à la surveillance des marchés et à la sécurisation de l’approvisionnement national.
Bonne nouvelle
La crise énergétique mondiale offre toutefois une fenêtre d’opportunité. Depuis le démarrage de la production en juin 2024, le pays a franchi des étapes clés : au 28 février, la production cumulée de Sangomar et GTA atteint 58,9 millions de barils.
Dans un contexte de raréfaction de l’offre, le brut sénégalais gagne en valeur. L’interlocuteur du journal souligne que si le détroit d’Ormuz venait à être bloqué, « cela ouvrirait des opportunités certaines pour le Sénégal ». Une telle perturbation pourrait redessiner les routes maritimes et renforcer l’intérêt pour des producteurs émergents comme le Sénégal.
