Dakar , 22 avril (SL-INFO) – Le système éducatif sénégalais est traversé par une multitude de crises. Elles sont économiques, politiques, environnementales, sécuritaires et sociales. À chaque fois, l’État et les acteurs trouvent une solution ponctuelle avant la prochaine crise. Afin de renforcer la résilience du système, une étude s’est fixé comme objectif de répertorier l’ensemble des réponses face aux différentes crises et de réfléchir à d’autres moyens afin d’anticiper les solutions aux prochaines crises.
Le projet est porté par l’Observatoire régional de la résilience des systèmes éducatifs en Afrique (ARESRO). La cérémonie d’ouverture a eu lieu mercredi à Dakar, sous la présidence du directeur de l’Institut national d’étude et d’action pour le développement de l’éducation (INEADE), Mamadou Sow, qui espère, à l’issue de ce travail, disposer de documents fiables sur lesquels le ministère pourra s’appuyer pour améliorer le système éducatif.
Assesseur de la FASTEF, Pr Mamadou Dramé est le chercheur principal. « Nous avons déjà mené une étude qui a couvert l’ensemble du Sénégal, pour voir dans certaines zones quels sont les chocs auxquels les populations ont été confrontées, comment elles ont réussi à les surmonter, mais également comment anticiper ce qui peut survenir. » Le projet vise ainsi à identifier les chocs futurs afin d’anticiper et de formuler des propositions concrètes au ministère de l’Éducation nationale. Ce dernier a besoin de prendre des décisions qui, selon Mamadou Dramé, n’ont de sens que lorsqu’elles sont éclairées par les résultats de la recherche.
À propos des chocs, ils peuvent être de nature environnementale, comme les inondations ou la sécheresse, qui perturbent le déroulement de l’année scolaire dans certaines zones. Dans certains endroits comme Dakar, il s’agit d’un démarrage tardif de l’année scolaire ; dans d’autres, comme en Casamance, ce sont des risques de fermeture anticipée en raison de l’hivernage qui s’installe plus tôt dans cette partie du pays.
Il y a aussi les crises politiques. De 2021 à 2023, les enseignements-apprentissages ont été régulièrement perturbés par la crise politique entre le régime de Macky Sall et le Pastef d’Ousmane Sonko. Les jours de convocation de l’opposant (actuel Premier ministre) devant la justice étaient presque toujours des journées mortes pour l’école à Dakar.
Les perturbations sont aussi sanitaires. Durant la pandémie de Covid-19, les écoles sont restées fermées pendant des semaines. À cela s’ajoute le volet sécuritaire, avec notamment les conflits armés. « On a eu, à certains moments en Casamance, des difficultés dans certaines écoles pour assurer la continuité », souligne Dramé. Tous ces facteurs s’ajoutent aux crises sociales, avec les nombreuses grèves des enseignants depuis des décennies.
Le moment est donc venu de voir comment se prémunir contre ces perturbations. « Chaque année, nous aurons des chocs différents, mais il faut au moins disposer d’informations pour pouvoir anticiper. Et c’est en ce sens que les résultats de la recherche que nous menons peuvent être utiles au gouvernement du Sénégal. »
