Dakar, 25 mars(SL-INFO) – À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, les acteurs du secteur de l’assainissement se sont réunis pour dresser l’état des lieux des ressources hydriques sur le continent. Au cœur des discussions, les disparités persistantes d’accès à cette ressource vitale ont mis en évidence l’urgence de repenser les stratégies de financement et de distribution, particulièrement au Sénégal.
Lors d’un webinaire organisé le 24 mars par le Réseau Africain des Médias pour le Wash (Ram Wash) et l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA), l’ampleur du défi continental a été chiffrée. François Olivier Gosso, directeur exécutif de l’AAEA, a indiqué que 400 millions de personnes manquent d’eau en Afrique, sur un total de 2,1 milliards à l’échelle mondiale. L’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) dans ce secteur nécessite une mobilisation financière de 114 millions de dollars. Or, le continent se situe actuellement sous la barre des 15 millions de dollars mobilisés, une situation rendue plus complexe par une croissance démographique annuelle estimée à 2,7 %.
Au niveau national, la directrice de l’Office des lacs et cours d’eau (Olac), Diarra Sow, a détaillé les disparités territoriales. Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, elle a relevé un taux d’accès de 15,3 % en milieu rural contre 9,6 % en milieu urbain. Le réseau hydrographique sénégalais, bien que structuré autour de bassins majeurs comme le fleuve Gambie, la Casamance, le système Anambé-Kayanga et le Sine Saloum, fait face à de multiples contraintes. La salinisation, la variabilité climatique et la pression démographique liée à la multiplicité des usages accentuent les risques de surexploitation des nappes.
Pour pallier ces difficultés et limiter la dépendance aux eaux de surface, l’Olac s’appuie sur le lac de Guiers, principale réserve d’eau douce du pays. Des projets sont actuellement en cours pour organiser le transfert d’eau depuis les zones excédentaires vers les zones déficitaires. Ces opérations de redistribution cibleront prioritairement le Ferlo, dans le but de renforcer l’équité territoriale.
Les échanges ont également mis en exergue l’impact de ces disparités sur les femmes et les filles. Moussa Thiam, président du Ram Wash, a souligné que la collecte de l’eau repose majoritairement sur cette frange de la population. Les longues distances parcourues quotidiennement ont des répercussions directes sur leur éducation, leur santé et leur autonomisation économique. Une analyse partagée par Diarra Sow, qui a rappelé que ces difficultés d’accès conditionnent les opportunités économiques des femmes, pourtant en première ligne face à ces défis logistiques.
