Dakar, 17 fèv (SL-INFO)- L’Assemblée nationale du Sénégal examine actuellement le projet de loi n°20/2025 autorisant le Président de la République à ratifier l’Accord de coopération militaire et technique entre le Sénégal et la Guinée, paraphé le 19 juin 2021 à Accra, au Ghana. Ce texte, présenté par le ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a déjà fait l’objet d’une étude approfondie en inter-commission réunissant les Affaires étrangères et la Défense.

Selon le ministre, cet accord s’inscrit dans un contexte sous-régional préoccupant, marqué par la montée du terrorisme, la criminalité transfrontalière et la fragilisation des espaces frontaliers.

L’instrument juridique vise notamment à renforcer la formation du personnel militaire, la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, ainsi que la répression des trafics et de la criminalité organisée. Il prévoit également la sécurisation conjointe des frontières, l’assistance à la réalisation d’infrastructures spécialisées et un échange accru de renseignements militaires. Sur le plan opérationnel, l’accord encadre l’organisation de patrouilles conjointes mixtes, particulièrement autour du poste frontalier stratégique de Boundou Fourdou.

Un mécanisme de stabilisation après les tensions de 2020

Les députés ont rappelé que cet instrument intervient après l’épisode de la fermeture unilatérale de la frontière par la Guinée en 2020, une décision qui avait lourdement impacté les échanges économiques et sociaux entre les deux pays. Dans cette optique, l’accord est perçu comme un mécanisme de stabilisation durable visant à préserver les liens historiques, économiques et humains entre Dakar et Conakry, au-delà des évolutions politiques internes.

Certains parlementaires se sont toutefois interrogés sur la pertinence d’une clause permettant d’ajouter ultérieurement de nouveaux domaines de coopération militaire. Le ministre a précisé qu’il s’agit d’une pratique classique dans les traités internationaux, destinée à anticiper des situations imprévues et à permettre aux deux États d’adapter leur collaboration d’un commun accord. Conclu pour une durée de cinq ans renouvelables par tacite reconduction, l’accord entrera officiellement en vigueur après la notification mutuelle de l’accomplissement des procédures internes de ratification par les deux pays.

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