Dakar, 11 fév (SL-INFO) – C’est une évolution diplomatique majeure qui se dessine entre le Vieux Continent et les capitales sahéliennes. En déplacement à Ouagadougou, l’émissaire de l’Union européenne a levé le voile sur une révision profonde des mécanismes de partenariat avec l’Alliance des États du Sahel (AES). Loin des schémas classiques, Bruxelles tente désormais d’ajuster sa politique étrangère aux nouvelles réalités imposées par les transitions en cours dans la région.

Le Représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel, João Cravinho, a profité d’une audience avec le ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, pour exposer cette nouvelle doctrine. Selon nos informations, basées sur un compte-rendu de l’agence Anadolu, cette rencontre a permis de poser les bases d’un dialogue qualifié de « direct et franc ». L’information centrale réside dans l’abandon des anciennes méthodes de coopération au profit d’une stratégie dite « renouvelée ». Ce virage n’est pas une improvisation locale, mais le fruit d’une décision politique actée en amont. João Cravinho a précisé que cette nouvelle approche a été formellement validée en novembre 2025 à Bruxelles. Cette feuille de route repose sur trois piliers destinés à apaiser les relations parfois tumultueuses entre l’Europe et l’AES : un dialogue qualitatif, une écoute renforcée et, point crucial, un alignement plus marqué sur les priorités définies par les pays sahéliens eux-mêmes. L’objectif affiché par le diplomate européen est de permettre une intensification concrète de la coopération à l’horizon 2026.

**La souveraineté comme ligne rouge**

Du côté burkinabè, la réception de cette offre est conditionnée au respect strict des choix nationaux. Le ministre Aboubakar Nacanabo a rappelé à son interlocuteur les principes intangibles qui guident désormais l’action gouvernementale au sein de l’Alliance. La souveraineté est présentée comme « non négociable », accompagnée d’une exigence de respect mutuel.

Pour les autorités de Ouagadougou, toute intervention extérieure doit viser l’amélioration tangible des conditions de vie des populations, sans ingérence politique. Ce positionnement s’inscrit dans la dynamique de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel, entité créée le 6 juillet 2024 à Niamey par le Mali, le Burkina Faso et le Niger pour mutualiser leurs efforts sécuritaires et diplomatiques.

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