Dakar, 24 mars(SL-INFO) – Ce mardi, l’avion présidentiel atterrit dans la capitale espagnole pour une visite officielle qui ressemble à s’y méprendre à une opération de déminage diplomatique et financier.
Si le renforcement de l’axe Dakar-Madrid est officiellement à l’ordre du jour, le président Bassirou Diomaye Faye sait que l’essentiel se jouera en coulisses. Ce déplacement intervient dans un climat de haute tension, pollué par les dossiers brûlants de l’Aser (Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale) et de l’affaire Intermaq, qui agitent l’opinion publique sénégalaise depuis des semaines.
Santander et le dossier des 37 milliards : l’heure des comptes ?
Au cœur de cette visite, un partenaire de poids : la Banque Santander. Le géant financier espagnol, pilier des projets d’électrification rurale au Sénégal, aurait exprimé des inquiétudes, voire des demandes de clarification, sur l’usage des 37 milliards de francs CFA mobilisés pour ces chantiers stratégiques. Pour le Chef de l’État, l’enjeu est de taille : rassurer les investisseurs européens et garantir la pérennité de la signature du Sénégal à l’international.
Parallèlement, le projet Intermaq, porté par le ministère de l’Agriculture, continue de faire des vagues. Les soupçons de surfacturation pesant sur ce dossier ont placé le ministre Mabouba Diop sous le feu des critiques, accentuant l’exigence de transparence prônée par le nouveau régime.
L’ombre de Seydou Kane et le débat sur « l’acharnement »
Dans les travées de ce débat complexe, un nom revient avec insistance : Seydou Kane. Le négociateur clé des contrats avec l’Aser et figure centrale du projet Intermaq se retrouve aujourd’hui dans l’œil du cyclone. Ses soutiens dénoncent une forme d’acharnement ciblé, rappelant son rôle de partenaire stratégique de la Banque Santander en Afrique de l’Ouest. Pour eux, l’homme d’affaires servirait de bouclier dans un dossier où les responsabilités administratives et politiques devraient être examinées de manière plus globale.
Cette escale madrilène pourrait donc être le théâtre d’un dialogue direct et sans filtre entre le sommet de l’État sénégalais et ses partenaires financiers espagnols. Un rendez-vous décisif pour restaurer la confiance et prouver que la rupture promise s’accompagne d’une gestion rigoureuse des deniers publics.
