Dakar, 29 déc(SL-INFO) – Le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Niang, accompagné du ministre des Forces armées et de l’ambassadeur du Sénégal dans ce pays, s’est récemment rendu en Guinée-Bissau. Ce déplacement dans le contexte actuel, marqué par la prise du pouvoir par les militaires, fait polémique. D’aucuns y perçoivent un soutien à la junte. Dans un entretien paru ce lundi dans L’Observateur, le chef de la Diplomatie s’est employé à convaincre du contraire, défendant que cette visite «ne constitue ni une reconnaissance ni une caution du coup d’État».
Cheikh Niang assure que l’initiative entreprise, «sur instruction expresse du chef de l’État, relevait exclusivement d’une démarche de bons offices à caractère humanitaire».
«Son unique objectif était la libération de M. Domingos Simões Pereira, leader du PAIGE, et de ses compagnons détenus, ainsi que la sortie sécurisée de M. Fernando Dias da Costa, candidat à l’élection présidentielle, et de ses partisans réfugiés à l’ambassade du Nigeria», détaille le ministre. «Cette mission ne se substituait pas au rôle dévolu à la CEDEAO sur le contenu et la conduite de la transition», tient-il à préciser.
Poursuivant, Cheikh Niang indique que «le Sénégal a estimé qu’il était de son devoir d’agir en amont afin d’éviter toute escalade susceptible de compromettre la stabilité du pays et, par ricochet, celle de la sous-région. Il s’agissait de prévenir une détérioration de la situation humanitaire, laquelle pourrait mener à un blocage de la transition à venir».
S’il se «rejoui[t] que certains détenus politiques aient été récemment libérés», le ministre de l’Intégration africaine plaide la libération «des figures politiques majeures telles que Domingos Pereira et Fernando Dias da Costa». «Ce serait un bon signal», croit-il savoir, affirmant toutefois que «toute solution pérenne doit reposer sur le respect scrupuleux de la volonté populaire, donc des principes démocratiques et de légalité constitutionnelle».
