Dakar, 18 mars(SL-INFO) – L’arrivée du premier cas de COVID-19 au Sénégal, le 2 mars 2020, avait servi de révélateur. Face à cette alerte, les autorités sanitaires avaient dû rapidement adapter leur dispositif de riposte. Six ans plus tard, cette dynamique de préparation se poursuit avec des exercices de simulation grandeur nature.
C’est dans cette logique qu’un exercice de gestion d’une fièvre hémorragique virale a été organisé à l’aéroport international Blaise Diagne, principal point d’entrée aérien du pays.
Un scénario réaliste pour tester les réflexes
Le scénario simulait l’arrivée de deux passagers en provenance d’un pays touché par une épidémie, présentant des symptômes graves. Une situation critique qui a permis de tester, en conditions quasi réelles, les capacités de réaction des équipes. Pour le Pr. Ousmane Cissé, directeur général de la Santé, l’objectif est sans équivoque : « Évaluer nos capacités de réponse face aux épidémies et renforcer la prise en charge pour éviter toute transmission ». L’exercice a ainsi permis d’observer la coordination entre les différents acteurs impliqués, notamment dans l’identification, l’isolement et la gestion des cas contacts.
Des risques élevés liés aux fièvres hémorragiques
Le choix de la fièvre hémorragique n’est pas anodin. Selon les autorités sanitaires, ces pathologies figurent parmi les risques les plus élevés identifiés dans le pays. Parmi elles, Ebola, Marburg et la fièvre hémorragique de Crimée-Congo. Ce choix est également motivé par les récentes expériences du Sénégal avec des maladies comme le Mpox ou la fièvre de la vallée du Rift. Cet exercice s’inscrit dans le cadre du Règlement sanitaire international de l’Organisation mondiale de la Santé, qui impose aux États de se préparer, prévenir et répondre efficacement aux urgences sanitaires. À l’AIBD, un plan d’intervention d’urgence sanitaire est déjà en place. Il est intégré au plan global de l’aéroport et permet :la détection rapide des cas suspects, leur isolement immédiat,la notification aux autorités compétentes.
Pour le Dr Pape Samba Dièye, directeur du Centre des opérations d’urgence sanitaire (COUS), la clé d’une gestion efficace réside dans la collaboration entre tous les acteurs.« Le système est organisé. Le contrôle sanitaire assure la détection, l’isolement et la notification. Mais tous les services doivent travailler ensemble ».Ainsi, plusieurs entités sont mobilisées : le SAMU national, le Service national d’hygiène, les forces de défense et de sécurité, la police aéroportuaire et la gendarmerie, les sapeurs-pompiers. « Tout ce dispositif doit interagir rapidement pour faire face à une crise », insiste-t-il.
Tester pour mieux corriger
Au-delà de la simulation, l’objectif est d’identifier les failles du système. Les autorités entendent évaluer :la disponibilité des ressources humaines, les besoins en équipements, l’efficacité de la coordination. Selon les responsables, ces exercices permettent d’ajuster les dispositifs existants et de combler les insuffisances. Comme l’a rappelé Ibrahima Wane, représentant de LAS, l’organisation de ces simulations répond à des normes strictes.Un exercice grandeur nature est exigé tous les deux ans, complété par des exercices partiels ou en salle. Depuis l’ouverture de l’aéroport en 2017, plusieurs simulations ont déjà été organisées pour tester les plans d’urgence. Dans un contexte mondial marqué par la recrudescence des épidémies, la préparation devient un impératif. L’AIBD, en tant que principal point d’entrée du pays, occupe une place stratégique dans ce dispositif. À travers cet exercice, le Sénégal réaffirme sa volonté d’anticiper les crises sanitaires et de renforcer la résilience de son système de santé.
