Dakar , 09 avril (SL-INFO) Le conflit au Moyen-Orient pourrait plonger environ 45 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire, le risque pouvant s’amplifier encore, a alerté jeudi la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.
La patronne du Fonds monétaire international (FMI) a ajouté que l’institution anticipait une demande supplémentaire de soutien de la part des pays membres « comprise quelque part entre 20 milliards et 50 milliards de dollars, dans la limite basse si le cessez-le-feu tient ».
Kristalina Georgieva s’exprimait à l’occasion de son traditionnel discours de lever de rideau, qui marque le coup d’envoi des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale (BM), prévues à Washington de mardi à vendredi.
« Cela aurait été pire sans des politiques solides de la part de la plupart des économies émergentes (…) et nous disposons des ressources nécessaires pour faire face à ce choc », a rassuré Mme Georgieva.
La forte hausse des prix de l’énergie et les ruptures d’approvisionnement de pétrole, gaz naturel liquéfié (LNG) et engrais risquent toutefois de provoquer « de l’insécurité alimentaire pour au moins 45 millions de personnes », ce qui porterait le total « des personnes victimes de la faim à plus de 360 millions », s’est inquiétée la directrice générale du FMI.
Et « même dans le meilleur des cas, il n’y aura pas de retour propre et net » à la situation prévalant avant le déclenchement des hostilités.
Le FMI doit publier mardi une version actualisée de son rapport sur l’état de l’économie mondiale (WEO), qui devrait prendre en compte les effets du conflit sur l’économie mondiale.
Mais, compte tenu de l’incertitude, « il va inclure une série de scénarios allant d’une normalisation relativement rapide » de la situation géopolitique « à celui où les prix du pétrole et du gaz restent élevés bien plus longtemps et où des contrecoups s’installent ».
D’autant que cela pourrait « remettre en cause l’ancrage » des anticipations de l’inflation par les marchés, et « provoquer un nouveau cycle d’inflation coûteux » pour les économies mondiales.
« Attendre et évaluer »
Dans tous les cas, « même notre meilleur scénario prend en compte une révision à la baisse de la croissance » mondiale, a reconnu Mme Georgieva.
« Les dommages faits aux infrastructures, les ruptures d’approvisionnement, la perte de confiance et d’autres effets » en sont la cause, « la croissance va être plus lente, même si la nouvelle paix est durable ».
L’effet ne se fait cependant pas sentir de la même manière dans toutes les régions du monde, touchant plus fortement les pays importateurs de pétrole et à bas revenus, qui disposent d’un espace budgétaire plus limité.
« Ayons une pensée pour les nations insulaires du Pacifique, tout au bout de la chaîne d’approvisionnement, qui ne savent pas si elles recevront l’énergie dont elles ont besoin à cause de ces ruptures majeures », a ajouté la directrice générale du Fonds.
Dans un rapport publié mercredi, la BM a pointé que les pays du Moyen-Orient ont payé « un coût économique immédiat et sérieux » à la guerre.
La région devrait voir sa croissance abaissée de 0,6 point, par rapport aux prévisions d’avant-guerre, à 1,8% en 2026, a ajouté la Banque.
Face à une telle situation, les gouvernements « peuvent aider de différentes manières », a assuré Mme Georgieva, mais doivent éviter toute action telles que le contrôle des exportations ou des prix.
Dans l’immédiat « il y a de la valeur dans le fait d’attendre et d’évaluer » la manière dont la situation géopolitique va évoluer, mais si les anticipations d’inflations évoluent, « les banques centrales doivent agir fermement avec des hausses de taux ».
