Dakar, 23 fév (SL-INFO) – Le gouvernement sénégalais a récemment adopté un projet de loi visant à durcir la législation sur les actes dits contre nature et l’apologie de l’homosexualité, tout en introduisant des sanctions contre les dénonciations calomnieuses. Selon la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), cette initiative suscite un large débat au sein de l’opinion publique.

Interrogé sur la pertinence de cette démarche, l’ancien ministre Aly Ngouille Ndiaye a salué le choix du gouvernement de renforcer les sanctions sans aller jusqu’à la criminalisation. « Personnellement, je n’étais pas pour la criminalisation, car il n’est pas évident qu’elle permette de résoudre le problème », a-t-il déclaré.

L’ancien candidat à la présidentielle rappelle que l’expérience montre que la criminalisation d’autres infractions, telles que le viol, le vol de bétail ou le trafic de drogue, ne garantit pas toujours une application rapide et efficace des peines. En cause, le nombre limité de magistrats dans le pays : « Nous sommes 18 millions de Sénégalais pour environ 500 magistrats. Criminaliser des actes, c’est envoyer des personnes en prison, mais combien y resteront longtemps ? »

Pour Aly Ngouille Ndiaye, la décision du gouvernement constitue « un bon pas », car elle permet de protéger l’opinion publique et de sanctionner l’apologie, tout en tenant compte des contraintes judiciaires et des engagements internationaux du Sénégal.

Il insiste également sur l’importance de respecter les sensibilités locales : « Nous sommes à plus de 99 % de croyants. Notre culture ne l’accepte pas. On ne peut pas légiférer en fonction des cultures des autres. »

Toutefois, il reconnaît que le débat sur la criminalisation reste ouvert et reflète la diversité des opinions au sein de la société. « C’est normal que certains continuent d’insister sur la criminalisation. Mais je considère que ce qui a été fait par le gouvernement est appréciable et adapté aux réalités sénégalaises », conclut-il.

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *