Dakar, 19 fév (SL-INFO) – C’est une bouffée d’oxygène pour le système de santé sénégalais. Alors que le contexte mondial est marqué par le désengagement de certains partenaires historiques, les autorités viennent de valider un accord stratégique pour la prévention des épidémies. L’aboutissement d’un processus qui aura nécessité de la persévérance, le dossier ayant été recalé par le passé avant de finalement convaincre les bailleurs.
La troisième tentative aura été la bonne. Après deux essais infructueuses, le Sénégal a obtenu le feu vert du Pandemic Fund pour une enveloppe de près de 14 milliards de francs CFA (24,62 millions de dollars). Comme le rapporte Le Quotidien, ces fonds sont destinés à renforcer les capacités nationales de riposte face aux menaces épidémiques futures.
Ce financement ne constitue que la partie émergée de l’iceberg. L’apport du Pandemic Fund agit comme un levier financier majeur, permettant de débloquer une enveloppe globale bien plus conséquente. Le mécanisme a permis de mobiliser 60 millions de dollars de cofinancement auprès de partenaires internationaux, auxquels s’ajoutent 106,8 millions de dollars issus directement du budget de l’État sénégalais. Cette ingénierie financière confirme la solidité du système sanitaire national aux yeux des instances internationales.
L’approche « One Health » au cœur du dispositif
La particularité de ce programme réside dans sa stratégie transversale. Loin de se cantonner aux hôpitaux, le projet adopte l’approche « Une seule santé » (One Health), qui lie intrinsèquement la santé humaine, la santé animale et la gestion environnementale. La mise en œuvre impliquera une collaboration étroite entre le Ministère de la Santé et de l’Action sociale, le Haut-conseil national de sécurité sanitaire, ainsi que les ministères de l’Agriculture, de l’Environnement, de la Pêche et des Forces armées.
Concrètement, les fonds serviront à combler des lacunes structurelles identifiées, notamment la pénurie d’experts tels que les épidémiologistes et les biologistes. Trois axes prioritaires ont été définis :
- La surveillance : Amélioration de la détection précoce des maladies d’origines alimentaire, hydrique et vectorielle.
- Les laboratoires : Modernisation des équipements, déploiement de diagnostics rapides et création d’un réseau national de biosécurité.
- Les ressources humaines : Formation massive des agents de santé, mais aussi des vétérinaires et des gardes forestiers à la gestion des urgences.
Cinq régions ciblées en priorité
Le déploiement de ce programme ne sera pas uniforme sur le territoire. Une attention spécifique est portée aux zones géographiques exposées aux risques accrus, notamment ceux liés aux oiseaux migrateurs et aux changements des pratiques agricoles. Les régions de Kaffrine, Kédougou, Kolda, Matam et Tambacounda ont été désignées comme cibles prioritaires pour la consolidation de la sécurité sanitaire.
La mise en œuvre opérationnelle de ce chantier d’envergure sera supervisée par un trio d’agences internationales composé de la FAO, de l’UNICEF et de la Banque mondiale.
