Dakar, 12 mars (SL-INFO) – L’escalade des tensions au Moyen-Orient vient de faire de nouvelles victimes collatérales en mer. Les autorités thaïlandaises ont officiellement entamé des démarches diplomatiques auprès de Téhéran, à la suite d’un incident majeur survenu dans le détroit stratégique d’Ormuz impliquant un navire de commerce.

Mercredi, le cargo Mayuree Naree, battant pavillon thaïlandais, a été attaqué alors qu’il effectuait la liaison entre Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, et l’Inde. À son bord se trouvaient 23 marins thaïlandais. Les forces navales omanaises, rapidement dépêchées sur les lieux, ont pu secourir 20 membres de l’équipage. Les opérations de recherche se poursuivent actuellement pour retrouver trois marins manquant à l’appel, qui se trouvaient vraisemblablement dans la salle des machines au moment de l’impact. Face à la gravité des faits, le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a convoqué jeudi Nassereddin Heidari, l’ambassadeur d’Iran à Bangkok. L’objectif de cette convocation, rapportée par la presse locale, est d’obtenir des clarifications formelles et de déposer une protestation officielle. Bangkok a exprimé sa vive inquiétude, soulignant que cette crise fait peser des menaces sérieuses sur la sécurité des civils innocents et compromet directement la liberté de navigation.

Cet événement s’inscrit dans une détérioration globale de la sécurité régionale. Selon les informations recueillies par l’agence Anadolu, les frappes conjointes américaines et israéliennes menées contre l’Iran depuis le 28 février ont déjà causé la mort d’environ 1 300 personnes, incluant l’ancien Guide suprême iranien Ali Khamenei, de hauts responsables, ainsi que de nombreux civils. En riposte, l’Iran a multiplié les tirs de drones et de missiles ciblant les intérêts américains et israéliens en Irak, en Jordanie et dans plusieurs pays du Golfe. Le détroit d’Ormuz est devenu un point de crispation central. Bloqué de fait par l’Iran depuis le mois de mars, ce couloir maritime fait l’objet d’un contrôle strict. Mercredi, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique a d’ailleurs réitéré que tout navire souhaitant traverser cette zone devait impérativement obtenir l’autorisation préalable de Téhéran.

Dans ce climat d’incertitude, la Thaïlande accélère les opérations d’évacuation de ses ressortissants établis au Moyen-Orient. Un nouveau groupe de 34 Thaïlandais en provenance d’Iran a atterri jeudi à Bangkok, après avoir transité par la Turquie. Les conséquences de ce conflit sur les travailleurs asiatiques de la région s’alourdissent : un décompte de l’agence Anadolu indique qu’au moins 16 ressortissants originaires d’Asie (dont des citoyens du Bangladesh, du Pakistan, d’Inde, de Chine, du Népal, des Philippines et d’Indonésie) ont été tués ou sont portés disparus depuis le début de cette nouvelle phase du conflit fin février.

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