Dakar, 18 fév (SL-INFO) – C’est un investissement ciblé qui répond à une urgence sanitaire localisée. Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Abdourahmane Diouf, s’est rendu mardi dans la banlieue dakaroise pour réceptionner des infrastructures et des équipements destinés à modifier le cadre de vie de deux communes spécifiques.
Dans le cadre du Projet de Gestion de la Santé Environnementale et de la Pollution en Afrique (PGSENPA), financé en partenariat avec la Banque mondiale, une enveloppe de 290 millions de francs CFA a été exécutée. Cette intervention vise officiellement les communes de Hann/Bel-Air et de Dalifort-Foirail, deux zones identifiées comme étant sous haute pression environnementale. Selon les informations rapportées par notre confrère *Sud Quotidien*, ce financement s’est matérialisé par la remise de conteneurs, d’équipements de nettoiement, de motos et de matériel informatique pour les Réseaux des Acteurs Locaux pour la Santé Environnementale (RALSEN). Trois places publiques aménagées ont également été inaugurées. Arame Tall, représentante de la Banque mondiale, a précisé que cet appui vise directement à renforcer la résilience des territoires face aux polluants.
Au-delà de l’aspect matériel, le ministre a justifié cet investissement par la nécessité de neutraliser des agents pathogènes précis : les Polluants Organiques Persistants non intentionnels (POPNi). Ces substances, issues notamment des brûlages à l’air libre et des activités industrielles, présentent une caractéristique redoutable soulignée par Dr Abdourahmane Diouf : leur capacité de transmission intergénérationnelle.
« Le danger des polluants organiques persistants est d’autant plus préoccupant qu’ils s’accumulent dans les tissus adipeux », a expliqué le ministre, précisant que les femmes enceintes peuvent transmettre ces substances au fœtus, et les mères allaitantes à leurs nourrissons. Les conséquences cliniques évoquées incluent des cancers, des troubles neurologiques et des malformations congénitales.
**Un changement de méthode**
Pour l’autorité ministérielle, la dotation matérielle marque un tournant vers une gouvernance locale plus autonome. L’objectif est de permettre aux acteurs communautaires de Hann et Dalifort de gérer eux-mêmes l’éradication des dépôts sauvages, réduisant ainsi l’exposition des populations à ces risques sanitaires majeurs. « Face à cette réalité, l’inaction n’est pas une option », a conclu le ministre.
