Dakar, 11 fév (SL-INFO) – Le processus diplomatique pour tenter de mettre fin au conflit en Europe de l’Est s’accélère, bien que les points de friction restent nombreux. Alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé la tenue imminente d’une troisième série de discussions avec la Russie, l’ordre du jour semble déjà compromis par une divergence majeure sur la solution préconisée par l’intermédiaire américain.
Dans un entretien accordé à Bloomberg News et relayé par Anadolu, le chef d’État ukrainien a indiqué que ce nouveau cycle de pourparlers est programmé pour « mardi ou mercredi » de la semaine prochaine. Si la volonté de dialoguer est affichée, la localisation de la rencontre et, surtout, le fond des propositions sur la table, cristallisent les tensions avant même l’ouverture des débats. Au cœur des discussions à venir figure une initiative portée par les États-Unis : la création d’une zone économique libre dans la région du Donbass. Selon les informations disponibles, ce territoire ferait office de zone tampon entre les deux belligérants. Cependant, cette option diplomatique se heurte à une rare unanimité dans le refus. Volodymyr Zelensky ne cache pas que cette proposition est accueillie avec froideur tant à Kiev qu’à Moscou. « Aucune des parties n’est favorable à l’idée d’une zone économique libre — ni les Russes, ni nous », a tranché le président ukrainien. Il précise que les visions sur ce sujet demeurent radicalement différentes, bien que l’objectif affiché soit de revenir à la table des négociations avec une conception plus précise de ce que pourrait être ce dispositif.
**Imbroglio sur le lieu de la rencontre**
Outre le fond du dossier, la logistique de ces pourparlers révèle également des désaccords stratégiques. Zelensky a rapporté que Washington avait proposé d’accueillir les délégations à Miami. Une invitation que la partie ukrainienne était prête à honorer.
Toutefois, le Kremlin a rapidement tempéré cette perspective. Moscou a fait savoir vendredi qu’aucune négociation n’était prévue sur le sol américain, tout en confirmant que les discussions auraient lieu « prochainement ». Cette position russe s’inscrit dans la continuité des précédents échanges qui s’étaient tenus aux Émirats arabes unis, à Abou Dhabi, fin janvier et début février. Ces rencontres précédentes avaient notamment permis d’aboutir au premier échange de prisonniers depuis octobre dernier.
Sur le terrain, les positions militaires restent figées : la Russie exige le retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, tandis que Kiev maintient que ses forces doivent conserver leurs positions le long de la ligne de front.
