Dakar , 16 mars (SL-INFO) – Le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keita, a dressé un bilan sans concession de la gestion de l’institution lors de son passage dans l’émission « En Vérité » sur Radio Sénégal. Entre audits de l’Inspection Générale d’État (IGE), projets à l’arrêt et comptes quasiment vides, le nouveau patron de la CDC a levé le voile sur les défis colossaux auxquels il fait face.
Des rapports d’audit désormais entre les mains de la justice
Dès la prise de fonction de la nouvelle équipe, le président Bassirou Diomaye Faye a ordonné une mission de l’IGE pour passer au crible l’institution et ses filiales. Le rapport final, déjà transmis au Premier ministre Ousmane Sonko, a pris une tournure judiciaire. Fadilou Keita a confirmé que le document a été communiqué à la justice « pour exploitation », marquant ainsi une volonté de reddition de comptes.
L’intervention de Fadilou Keita a mis en lumière des chantiers qui symbolisent, selon lui, une gestion défaillante. Le projet de Bambilor, initié en 2011, est particulièrement pointé du doigt : près de quinze ans après son lancement, il « n’est toujours pas finalisé malgré près de 15 milliards de francs CFA déjà engagés ».
Le cas de la Tour des Mamelles a également été abordé. Son coût initial, estimé à 29 milliards, aurait grimpé jusqu’à 41 milliards de francs CFA. Ce retard de livraison pèse lourdement sur les finances de l’État : le DG estime un « manque à gagner de 20 milliards de francs CFA », soulignant que la tour pourrait générer « environ 500 millions de francs CFA de revenus mensuels » une fois opérationnelle.
Le volet foncier de la CDC semble être l’un des dossiers les plus complexes. Fadilou Keita a révélé que certains terrains ont été grevés de charges de plusieurs milliards, parfois avec la « complicité de responsables administratifs ». Cette situation a nécessité une suspension des transactions par l’IGE, interdiction qui n’a été « levée que trois mois auparavant ».
Enfin, le Directeur général a frappé les esprits en révélant l’état de la trésorerie à sa prise de fonction. Selon lui, les comptes de la CDC, pilier de l’investissement public, « ne disposaient alors que de moins de 270 millions de francs CFA ».
Pour Fadilou Keita, l’heure est désormais à l’assainissement et à la relance. Les mesures engagées visent à restaurer la crédibilité de l’institution et à mener à bien les réformes voulues par les autorités du pays.
