Dakar, 16 fév (SL-INFO) – L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a officiellement réagi, ce lundi, aux récentes décisions administratives prises par le gouvernement israélien concernant la gestion des territoires en Cisjordanie occupée. L’instance diplomatique pointe du doigt une accélération des procédures foncières qui, selon elle, modifie unilatéralement le statut juridique de la zone.

Dans un communiqué relayé par l’agence Anadolu, l’organisation basée à Djeddah a qualifié de « mesures coloniales » les initiatives validées par les autorités israéliennes. Le Secrétariat général de l’OCI s’inquiète particulièrement d’une directive visant à classer de vastes étendues de terres en Cisjordanie comme « propriété de l’État ». Cette qualification juridique, loin d’être anecdotique, permet à l’administration israélienne de prendre le contrôle direct de ces parcelles, contournant ainsi les revendications de propriété palestiniennes.

**Une stratégie portée par trois ministres clés**

Cette évolution administrative ne relève pas d’une décision isolée. Selon les informations rapportées par le radiodiffuseur public israélien, cette proposition émane d’une collaboration étroite entre le ministre des Finances Bezalel Smotrich, le ministre de la Justice Yariv Levin et le ministre de la Défense Israel Katz.

Concrètement, la mesure autorise la réouverture de procédures d’enregistrement foncier qui étaient jusqu’alors gelées. Elle implique également un changement majeur dans l’architecture légale du territoire : l’annulation des anciennes législations jordaniennes qui régissaient le foncier avant 1967 et la levée du secret sur des archives restées confidentielles pendant plusieurs décennies. Pour l’OCI, ces actions ont un objectif clair : consolider la colonisation, modifier la démographie du territoire et préparer le terrain à une annexion de facto.

**Appel au Conseil de sécurité**

Face à ce qu’elle considère comme une menace existentielle pour la solution à deux États, l’OCI a déclaré ces mesures « nulles et non avenues » au regard du droit international, citant notamment la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies. L’organisation insiste sur le fait que ces décisions violent le droit à l’autodétermination du peuple palestinien et l’intégrité de son territoire, avec Jérusalem-Est pour capitale.

En réponse, l’instance panislamique a lancé un appel pressant à la communauté internationale. Elle demande une intervention immédiate du Conseil de sécurité pour contraindre Israël à mettre fin à ces procédures d’enregistrement et pour garantir que la « puissance occupante » rende des comptes sur ces violations des droits fonciers palestiniens.

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