Dakar, 13 fév (SL-INFO) – La primauté de la gestion sécuritaire sur la gouvernance de l’université, la suspension des amicales étudiantes et la fermeture du campus social sont autant de mesures prises à différents niveaux, mais toutes désapprouvées par la section Ucad du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes). Dans un communiqué daté de ce vendredi 13 février, la section Ucad du Saes considère que « la suspension des amicales crée un vide institutionnel qui affaiblit les mécanismes de représentation étudiante ».

Pour le syndicat, il faut plutôt aller vers la désescalade en libérant les étudiants encore détenus et en préservant les canaux de représentation. Le Saes, qui attend un geste d’ouverture dans ce contexte de tension, demande la levée de la suspension des amicales. À propos du comité ad hoc, le Saes souhaite qu’il soit inclusif et transparent et qu’il aille au-delà de la crise pour adresser la question de fond. « Toute réforme de la représentation étudiante doit viser la consolidation institutionnelle et non la gestion ponctuelle d’une crise », alerte le Saes.

Sur la reprise des cours, le Saes estime que les conditions ne sont pas réunies. Pour le syndicat, il ne saurait y avoir d’enseignement sans les œuvres sociales. « Le campus pédagogique et le campus social constituent une unité fonctionnelle indissociable. Sans restauration, sans hébergement, sans fonctionnement effectif des services sociaux, toute reprise des cours demeure structurellement fragile. Sans étudiants présents dans des conditions matérielles et psychologiques adéquates, il ne peut y avoir d’enseignement effectif. »

Ainsi, le Saes invite à la réouverture immédiate du campus social pour une reprise effective des cours, mais surtout à l’instauration d’un climat apaisé propice à la pédagogie et à la recherche. « Il ne peut y avoir de normalisation du calendrier universitaire sans normalisation préalable de l’espace universitaire dans toutes ses dimensions. On ne peut exiger la sérénité tout en maintenant un climat de tension. »

Le syndicat exige aussi la vérité et la justice dans la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. « La recherche de la vérité ne peut être sélective ni orientée ; elle doit concerner l’ensemble des responsabilités, quelles qu’elles soient. Les résultats de l’autopsie appellent à une clarification rigoureuse des faits et à l’établissement des responsabilités, dans le strict respect de l’État de droit. » Le Saes demande également un accompagnement pour les blessés.

Sur la sécurité au sein de l’Ucad, le syndicat invite l’État à revoir sa posture. Le syndicat n’en fait pas une revendication corporatiste, mais le fondement de la légitimité académique. « Lorsque la gestion sécuritaire tend à se substituer à la gouvernance académique, l’équilibre de l’institution se trouve fragilisé. L’ordre public ne saurait durablement se construire contre l’autonomie universitaire. » Le syndicat rappelle à l’autorité que l’université dispose de ses mécanismes propres de régulation, qu’il urge de mettre en avant à la place du tout-policier.

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