Dakar, 04 mars (SL-INFO) – Le sort judiciaire de Madiambal Diagne, visé par un mandat d’arrêt international émis par les autorités sénégalaises, franchit une nouvelle étape en France. Tôt ce mardi 3 mars, la Cour d’appel de Versailles s’est prononcée sur la demande d’extradition formulée par Dakar à l’encontre du patron de presse.
Selon les informations rapportées par l’Agence Afrique, la juridiction française a rendu un avis « partiellement favorable » concernant cette procédure. La Cour a justifié cette décision en soulignant la « prescription partielle d’une partie des faits visés » par la requête sénégalaise.
Du côté de la défense, cette décision est perçue avec nuance. Me Vincent Brengarth, avocat de Madiambal Diagne, a qualifié cet avis de « demi-victoire », précisant que leur argumentation n’a pas été entièrement suivie par les juges. En réponse, le conseil a annoncé son intention de former un pourvoi en cassation. Bien que ce recours ne soit pas suspensif de droit, Me Brengarth estime que l’importance publique et les enjeux nationaux et internationaux de ce dossier rendent improbable la signature d’un décret d’extradition dans des conditions jugées dégradées. Si un tel décret venait à être pris par l’État français, il pourrait également faire l’objet d’une contestation devant le Conseil d’État.
Pour rappel, Madiambal Diagne, critique de l’actuel parti au pouvoir (Pastef), a quitté le Sénégal fin septembre 2025, à la suite d’une convocation liée à une enquête sur de présumées transactions financières suspectes. La justice sénégalaise le poursuit pour des infractions à caractère financier, incluant l’escroquerie et le blanchiment, dans le cadre de contrats impliquant deux sociétés et l’État.
Ce dossier a par ailleurs entraîné des répercussions directes sur la coopération judiciaire bilatérale. À la mi-décembre 2025, la ministre sénégalaise de la Justice, Yassine Fall, avait annoncé la suspension de toute extradition du Sénégal vers la France dans l’attente d’une réponse de Paris concernant la demande d’extrader M. Diagne.
